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Chapitre 8- Maman ?!! J’ai fait un autre cauchemar !!

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...


Ma gorge me fait mal. Attendez, mais je ne peux pas avaler… ??? Qu’est-ce que c’est que cette merde dans ma gorge ?? Je commence à paniquer et vouloir enlever ce truc. J’entends une voix masculine qui me dit de ne pas bouger, qu’il va enlever la tubulure…


GROUILLE !!!


Outch… c’est douloureux. Mais au moins je peux avaler maintenant. Mon cerveau est dans la glu. Je ne comprends pas ce qui se passe, Je suis incapable d’ouvrir les paupières, elles sont trop lourdes. Je repars.


Combien de temps après ? je ne sais pas, mais j’ouvre enfin les yeux. Je suis dans une chambre au troisième étage de l'hôpital. Les événements de la veille me reviennent comme une claque au visage. Je regarde autour de moi. X est là. Il m’embrasse et me dit bonjour. Je n’ai plus mal au ventre. Mais je suis encore drogué. Alors mon cerveau est très lent. Une infirmière viens me voir et vérifie tous les tubes qui sont branché sur moi.


Outch !!


Oui, j’ai encore la sonde urinaire, je viens de tirer dessus avec mon pied…merde. Je soulève la couverture et j’essai de regarder mon ventre. Il est tout gonflé, comme si j’étais enceinte. L’infirmière me dit que l’enflure va diminue rapidement dans les prochains jours. Il y a quatre pansements. Un sur mon nombril et trois tout autour.

Le Docteur Maybers passe un peu plus tard et m’annonce que l’opération c’est bien passé. C’était bien une infection. Ils ont dû enlever l’appendice, les deux trompes de Fallope, l’ovaire droit et ‘’FUCK’’, deux masses suspectes, une d’environ 2 cm et l’autre de 10 cm de diamètre…l’une d’elle a éclaté.


C’est ce qui a causé l’infection….


Merde!

Merde!

FUCK !


C’est à ce moment, très précisément, que mon épée apparaît au-dessus de ma tête. Je la sens, c’est comme une présence constante, un fantôme qui ne te quitte pas.


Tout ce qui me viens en tête ce sont mes enfants…mes amours, et X.


On me dit que je dois rester à l’hôpital pour deux ou trois jours pour s’assurer que l’infection est bien sous contrôle. On me donne un rendez-vous dans trois semaines avec le docteur Maybers, pour avoir le résultat de l’analyse des masses qu’ils ont retiré de mon ventre. X et moi sommes épuisé. Il s’est beaucoup inquiété. Il est très attentionné et tendre avec moi. Je l’aime tellement mon X.


Nous retournons à la maison. Je dois guérir et attendre, attendre…

On ne parle pas des résultats.


Je sais et il sait aussi…


Mais je garde espoir que ce n’est pas ce que je pense…Jusqu’au jour du rendez-vous.


Je revois souvent cette scène dans ma tête. Je nous vois dans la voiture, X et moi, main dans la main, anxieux. L’hôpital, les corridors, la salle d’attente.

La première personne que j’ai vue dans le bureau était un interne qui travaillait avec le Dr. Maybers. Il doit faire un examen en attendant le médecin. Mes mains sont moites et j’ai la bouche sèche. Mon cœur bat à toute vitesse. Il me pose plein de question sur mon état de santé, comment ça va à la maison. Il regarde mes plaies.


Tout semble normal dit-il. Je vais pouvoir retourner au travail d’ici deux semaine. Il n’est pas inquiet des résultats et c’est une chirurgie qui permet un rétablissement très rapide.

Je me sens plus légère tout à coup. Pour me dire que je retournerai au travail dans deux semaines il a dû en parler avec le médecin avant de me voir, non? Alors je suis soudainement soulagé. Ça devait être autre chose ce truc alors…


Il termine et sort chercher son titulaire. Je les voix discuter dans le corridor. Je voix le visage du jeune homme devenir très sérieux tout à coup…


Les deux entre dans le bureau. Le plus jeune ferme la porte et se tient debout dans le coin le plus reculé du bureau la tête basse.


Le Dr. Maybers avait un air d’enterrement. Il commence en m’annonçant que ce qu’ils ont retiré de mon ventre était cancéreux. Une forme rare et très agressive de cancer…


Je retiens mon souffle. Non...


Un pseudomyxome péritonéal de haut grade métastatique avec un carcinomateuse pleurale et péritonéale… plus exactement…heu ? Quoi?

Pseudomyxome a péritonéal :

(La maladie gélatineuse du péritoine est due à une tumeur à la limite de la bénignité et de la malignité. La tumeur est le plus souvent développée aux dépens de l'appendice intestinal et de l'ovaire. Après rupture d'une tumeur appendiculaire ou d’une mucocèle appendiculaire, les cellules productrices de mucine (ou gélatine) s'implantent dans la cavité péritonéale et se développes en tumeurs).

Carcinomateuse pleurale et péritonéale :

(La carcinose pleurale et péritonéale est un cancer de la famille des adénocarcinomes, se définissant par l'envahissement du péritoine et des poumons par des tumeurs malignes secondaires).

Source : Wikipedia.


Voilà.


C’est tellement rare, dit-il, une personne sur un million à cette maladie…


YAYY ! J’ai gagné à la loterie des cancers !


Rare égale pas beaucoup d’études sur le sujet…pas bon signe du tout.


Le pauvre interne dans son coin voulait fondre dans les fissures du plancher. Il ne levait même plus les yeux. Je crois qu’il a appris une leçon ce jour-là…


Il y a une annonce télévisée, de la Société du Cancer du Canada, qui montre des gens avec un médecin qui leur apprend la mauvaise nouvelle. Ils Basculent vers l’arrière comme si une bombe avait éclaté devant eux. Et ensuite ils l’annoncent à leurs familles et amis, avec la même bombe qui éclate et les fait tomber. Et bien oui, c’est vraiment comme ça que ça se passe. Une bombe nucléaire… et des larmes, des litres et des litres de larmes de désespoir.


Dr. Maybers me dit qu’il aimerait retourner enlever une partie du colon et quelques ganglions pour les faire analyser. Il voulait s’assurer que les cellules cancéreuses ne ce n’étaient pas étendues jusque-là.


Il me parle de chimiothérapie préventive après la prochaine chirurgie et me dis d’attendre un appel de sa secrétaire pour une date très bientôt.

Je dis oui à tout.

Je n’y connais rien en cancer. Je veux guérir. Je suis tellement tendue. Je tremble, j’ai du mal a reprendre mon souffle tellement la bombe m’a fait mal.


La marche jusqu’à la voiture et le retour à la maison fut très pénible. Nous pleurions comme des bébés dans l’auto X et moi.


Je ne retournerai pas au travail…


Jamais.




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