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Chapitre 6- Le végétalisme …

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...


Ma chatte est couchée sur mon clavier…je dois la pousser pour écrire. J’arrive de marcher avec ma chienne Border collie. J’aime bien marcher en ville. C’est divertissant et le cartier est tranquille.

Les voisins sont très gentils sur ma rue. Plusieurs ont offert leur aide. Un en particulier, Joseph, un homme de 92 ans. Il est vraiment mignon. Il s’occupe de son jardin sur son terrain. Il aide les voisins en tondant la pelouse et les haies de cèdres. Il est très actif et ça le garde en forme. Il s’est occupé de mes fleurs quand je suis partie cher mes parents. Une perle ! Bon, la chatte est parti, j’ai de la place maintenant…


23 ans avec quelqu’un c’est plutôt rare pour notre génération. Tellement de gens se séparent. C'est presque banale aujourd'hui.


Nous avons connu, comme la plupart des couples, des périodes plus difficiles. Notre style de vie à la campagne me convenait parfaitement. Pour X c’était un peu plus difficile, il est né en ville. Mais je pense qu’il a fini par apprécier le calme et la quiétude de la forêt.


X me connaissait bien. Il savait que j’aspirais à vivre à la campagne avec les animaux et la nature. Je pense qu’il m’aimait tellement qu’il voulait que je sois heureuse. C’est pour ça qu’il a décidé de mettre toutes ses énergies dans la réalisation de mes projets, qui sont devenus les siens au fil du temps. Femme heureuse mariage heureux ? C’est ça la devise… à ce qu’il paraît. Je l'en remercie aujourd'hui.

X a connut une période plus difficile juste avant que la maladie arrive dans nos vies. Il en avait beaucoup sur les épaules. Son travail prenait de plus en plus de son temps.

Il n’était pas souvent à la maison et il est devenu cadre dans l'entreprise où il travaille. C’était beaucoup de pression.


De mon côté je travaillais aussi, je m’occupais de animaux et des enfants. Je prenais des postes plus importants à la commission scolaire pour apporter plus d’eau au moulin.

Il voulait voyager. Il se sentait coincé.


Ce n’était pas facile pour moi parce que la mon employeur interdisait les absences durant les temps de classe. On devait présenter un billet médical si on s’absentait. Ils vérifiaient toujours les absences. Alors on regardait pour voyager dans les congés scolaires mais il finissait toujours par dire que ça coûtait trop cher.


Alors on voyageait rarement, X contrôlait les finances. Ça me convenait, je suis plutôt casanière et j'aime le cocooning. Je ne m'en suis jamais plainte.

Je lui laissais gérer mon compte en banque comme il voulait. Il était compétent en gestion et moi je détestais ça. Je déteste ça encore aujourd’hui, mais là je n’ai pas le choix alors je m’en occupe.


Il avait carte blanche sur mes finances. Je payais la maison avec mon salaire et lui payait les dépenses. On a géré comme ça pendant 23 ans et ça fonctionnait très bien. J’avais une totale confiance en lui, à l’époque…

Donc X n’allait pas bien. Il est allé consulter et on lui a suggéré un psychologue et une médication, qu’il a décidé de ne pas prendre. Je lui ai suggéré plusieurs fois de changer notre style de vie, de vendre les animaux et la maison pour se rapprocher de la ville. Je voulais qu’il soit heureux. Ça me faisait mal de le voir dans cet état. Je lui disais que mon bonheur passait par le sien, que je serais capable de vivre avec ce sacrifice si cela le rendait heureux. Je lui ai répété plusieurs fois… Mais à chaque fois il éludait la question et le sujet était clos.


Il ne voulait pas quitter cette ville, et un déménagement l’aurait obligé de démissionner de son poste.


C’est à ce moment qu’il a décider de prendre mes plans pour construire l’écurie. Je n’étais vraiment pas d’accords avec cette décision.


Je me rappelle la scène comme si c’était hier. Il était couché dans notre lit, fatigué, les larmes aux yeux, et il m’a annoncé qu’il voulait commencer ce projet. Je lui ai dis que nous n’en avions pas besoin. L’abris des chevaux était suffisant et que de toute façon il n’était pas en état pour travailler encore plus.

Nous étions très fâchés ce jour-là. Il a insisté et malgré mes objections il s’est lancé dans cette surcharge de travail.

Il y a eu beaucoup de jurons durant cette construction. X a engagé des amis pour nous aider. C’était un beau projet malgré tout et nous étions très fier du résultat. X semblait allé mieux après ça. Je pense que les visites chez la psychologue ont aidé un peu. Mais je continuais à m’inquiéter pour sa santé. Il était souvent fatigué.

Pour moi qui aime me reposer à la maison et relaxer avec les enfants quand je quitte le travail, voir X toujours à courir à gauche et à droite et s’investir encore plus était très difficile. Il brûlait la chandelle par les deux bouts, ça n’avait pas de sens. Mais c'était sa décision.


Il était étourdissant. Il arrivait souvent épuiser à la maison. Je lui disais d’arrêter, de prendre du temps pour se reposer, mais ce n’était pas dans sa nature je pense.


Ma santé va plus ou moins bien à ce moment là. Ça fait presque deux ans que je suis fatiguée, plus que d'habitude. J’en ai mare et je consulte un médecin qui me dit que c'est un trouble hormonal et il me prescrit des anovulants... sans résultats.


Je commence à m’informer. Lire des tonnes d’études sur la nutrition. Étudier les aliments et leurs apports nutritifs. Et au final, je prends la décision d’essayer le végétarisme. (Et plus tard le végétalisme). je décide de changer ma diète.


C’est une décision personnelle, pour essayer d’améliorer ma condition physique. Et je dois admettre que c’est une des meilleures décisions que j’ai prise de ma vie. J'ai plus d'énergie, ma condition générale s'améliore, je perds du gras, je gagne en muscles et je recommence même à faire du sport.

En plus j'apprends que la consommation de viande est l'une des plus grande cause de déforestation et de pollution mondiale. L'éthique animal aussi pèse dans la balance de mon choix.


J'ai essayé plusieurs recettes pour gagner ma famille à la cause et manger plus de repas végétariens. Certains plats plaisaient, d'autres moins. Ce n'était pas un gros succès, mais avec le temps j'ai réussis à diminuer la consommation de viande familiale.


X n'est pas prêt pour ce changement. Il m'en veut. Il dit qu'il n'est pas d'accord et que j'exagère. Il est embarrassé quand nous sortons aux restaurants et que je demande des trucs végés... comme si c'était déplacé...


Après avoir modifié mon approche, j'ai conjugué viande et végétarien à la maison, pour plaire à tout le monde.


Mais ce changement n'a pas plu à X.

Vraiment pas.


Il me l’a reproché longtemps.



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