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Chapitre 53- Au son des sabots…

Mis à jour : janv. 14

Sans préjudices...

Juillet 1998,

Une amie m’a invité à faire une balade à cheval. Jacynthe est propriétaire de chevaux arabes. C’est son anniversaire. Nous travaillons ensemble à la même écurie comme guide de tourisme équestre et nous donnons des leçons d’équitation.

Nous avons rarement l’occasion de monter ensemble alors je saute sur l’occasion. Elle monte une jeune jument de 5 ans et moi son hongre qui en a 11. Il a une belle robe grise tachetée et les crins presque noirs. Des grands yeux intelligent et un cœur plus gros que lui-même. Jacynthe et moi avons beaucoup d’expérience. J’ai mon brevet d’instructeur Canadien et je monte à cheval depuis l’enfance. C’est une magnifique journée ensoleillée. Les grillons chantent fort. La balade commence doucement, traversant champs et sentiers boisés. Nous sommes sur la route depuis un bon moment. Nos chevaux on beaucoup d’énergie et veulent aller plus vite. Alors sur une petite route de campagne tranquille, là ou la circulation est pratiquement inexistante, nous décidons d’accélérer l’allure. Ce qui commença en petit galop modéré, côte à côte, se transforma en quelques foulées en une course contre le vent. (Les chevaux arabes peuvent atteindre une vitesse d’environ 65-70 km/h) Nos deux chevaux fonçaient comme des flèches, heureux d’avoir enfin l’occasion de nous montrer à quelle vitesse ils pouvaient courir et laisser exploser le feu qui gronde en eux. Nous n’avons jamais la chance de les laisser prendre de la vitesse sur une longue ligne droite. Nous sommes toujours avec des clients ou des gens moins expérimentés. Alors pousser ces deux voitures de course au maximum? On n’y pense même pas. Le soleil sur ma peau, mes yeux qui pleurent à cause du vent. Mes cheveux qui flottent derrière moi. L’odeur de transpiration de mon cheval et la chaleur qui s’en dégage. Sa respiration accéléré et le song de ses pieds qui avale la distance sur le sol. Mon corps accroupi qui s’accorde à la perfection avec le sien. La traîné de poussière, de cailloux et de sable que les sabots soulèvent derrière nous… J’ai l’impression que je vais m’envoler! C’est tellement frais dans ma mémoire malgré les années qui ont passées. Je m’en souviens comme si c’était hier. J'ai encore la sensation de mes doigts entremêlés dans sa crinière. Nous avons tenu cette allure quelques minutes pour doucement ralentir et reprendre notre souffle. Jacynthe et moi avons échangé un regard. Nous savions que nous venions de vivre un moment exceptionnel. Nos sourires complices et nos joues rosies, nos mains caressant l’encolure de nos montures, Jacynthe me dit que c’est un de ses plus beaux cadeaux d’anniversaire. Je lui réponds, le souffle court, que je suis heureuse de l’avoir partagé avec elle. Dans ma carrière équestre, cette après-midi-là, cette balade, reste un de mes plus beaux souvenir…

Janvier 2021, Ouaip… Le retour au présent est rude.


Mais où s’en va le monde?

Confinement total, couvre feux, attaque du Capitol par une masse remplie d’imbéciles, tempête de neige en Espagne… Merde, que les nouvelles sont déprimantes! Comment trouver du positif dans tout ça. Les petits rayons de soleils qui me parviennent sont mes enfants, ma famille et mes amis. Mon corps peine à reprendre son souffle après les quintes de toux qui persistes. Je le sens à l’intérieur…une nouvelle crampe, un pincement, une sensation bizarre inhabituelle…chaque fois que quelque chose se passe dans mon ventre je croise les doigts pour que ce soit passager et que ça disparaisse le plus vite possible. Je souffre d’hyper vigilance corporelle traumatique. C’est comme ça que j’appelle le monstre dans ma tête. Parce qu'il y a le cancer...et il y a lui... Chaque petit bobo a un potentiel catastrophique. C’est drainant psychologiquement, mais je ne peux rien y faire. Occuper mon cerveau à autre chose reste ma planche de salut. Quand mes pensées sont ailleurs ça me donne un petit répit. Mon copain et moi passons beaucoup de temps ensemble. Le virtuel semble être la meilleure avenue pour moi, après la visite de mes proches. Ça m’évite de sombrer dans le mélodrame. Être malade dans le contexte social d’aujourd’hui est très angoissant. Mourir seule à l’hôpital? SVP! NON! Mais bon, je n’ai pas l’impression que j’aurai mon mot à dire si je dois entrer d’urgence dans ''L'antre de la bête''.

J’espère que votre confinement n’est pas trop difficile. J’espère que la vie vous est douce et agréable malgré tout. Je retourne dans ma bulle, là où je peux m’évader un peu… Une très bonne année à tous et à toutes, Santé et bonheur! Xoxox


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