Rechercher

Chapitre 38- Les rechutes

Dernière mise à jour : 22 mai 2020

Lorsque l’on essaie de se relever après un événement traumatique, il y a des jours plus difficiles que d’autres.

La majeure partie du temps je vais bien. Je suis positive.

J’affronte mon quotidien sans me plaindre. Je fais en sorte que l’ambiance dans la maison soit la plus sereine possible. J’évite les sujets de conversations qui pourrais ranimer de mauvais souvenirs.


C’est un peu comme marcher sur des œufs, selon ma fille. On avance doucement de peur que la coquille craque. Quand on est sortie de la tempête on ne veut surtout pas replonger dans des vagues trop grosses et s’y noyer.


C’est comme ça à la maison. Les enfants et moi essayons le plus possible d’éviter d’en parler, mais je le vois, la séparation a créé une blessure profonde dans nos cœurs.

Encore aujourd’hui, presque deux ans plus tard, il suffit d’échapper un mot ou un commentaire pour faire resurgir la vague d’émotions négatives et toute la tristesse, l’incompréhension et la colère que ces événements ont engendrée.


Quand cela arrive, les larmes reviennent et tout le monde est affectés. Ce sont des rechutes, comme je les appelle. Plus le temps avance et moins il y en a. L’intensité est toujours la même par contre. Peut-être va-t-elle diminuer avec le temps… j’en doute.



J’ai enfin eu les papiers et la carte identification pour ma chienne. Elle est officiellement un chien de service maintenant. Elle peut m’accompagner partout. J’ai son harnais identifié ‘’Service Dog’’ !


Ça lui va à merveille.


Nous avons fait plusieurs sorties jusqu’à maintenant et elle a fait son travail comme une professionnelle. Elle ne tire pas, reste près de moi et est très attentive. Elle m’attend et n’essaie même pas d’aller vers les enfants, les autres chiens ou les étrangers. Quand elle a son harnais elle se transforme en super héros ha ha ha!


J’aime bien l’amener partout. Elle est tellement contente quand je lui présente son harnais, elle avance la tête pour le mettre au plus vite. Elle est tellement intelligente.



J’ai signé un contrat avec un agent d’immeuble il y a deux semaines déjà. Ça va être plus facile de vendre ma maison avec la visibilité que leur compagnie offre. J’ai déjà eu une visite après quatre jours sur internet. J’espère vendre rapidement.


Mon oncologue m’a donné un autre cinq semaines de congé de chimiothérapie. Mes marqueurs sanguins sont stables. Rien n’a bougé. J’aurai un autre scan dans un mois.


Ça m’inquiète de ne pas avoir de traitement pendant une longue période. J’ai l’impression de ne rien faire pour freiner cette merde. Mais comme on dit en oncologie, les pauses sont aussi importantes que les traitements. Ton corps peut reprendre son souffle et se remettre de tous les poisons que l’on y a injecté…jusqu’aux prochaines potions.


Ma grande sœur est venue rencontrer le médecin avec moi la semaine dernière. Elle trouve que je ne pose pas beaucoup de question. Après cinq ans de traitements, 6 chirurgies et tout ce qui vient avec ce cancer, je veux en savoir le moins possible.

Le nombre de centimètres, combien de nouvelles masses, où se situent elles, etc., etc. … ce sont des questions que j’ai déjà posées, au début de la maladie.


Avec le temps on se rend compte que ce n’est pas bon pour la santé mentale de savoir tout les détails. Tu t’inquiète tout le temps. Tu dors mal et les mots tournent dans ta tête sans cesse.

Quand ça va mal c’est différent. Là j’ai besoin de savoir. Sinon je préfère tourner la tête, regarder vers l’avant et sourire.


Mes enfants reviennent de voyage avec leur père. Je pense que ça leur a fait du bien. Je suis contente pour eux. Ça leur fait du bien de passer du temps avec lui.


Je n’ai pas connu ça avec mes parents. Au lieu des voyages, eux avaient choisi d’investir dans une maison d’été pour les vacances. J’y ai de magnifiques souvenirs. Aujourd’hui, vingt ans ont passé, et toute la famille s’y retrouve encore à chaque été pour passer du temps ensemble au bord de l’eau. Quelle belle tradition familiale. Quel bel endroit. Moi qui vibre quand je suis dans la nature, j’y étais bien.

Même si la grande maisons bourdonne d'activités durant notre séjour et que c'est parfois difficile de s'y reposer, ça fait quand même du bien de vivre ces moments ensemble...


Je continue mes recherches pour trouver mon nouveau logis. Ce n’est vraiment pas évident à distance. Vive internet et les sites immobiliers. Que ferais-je sans eux? 😉



Le printemps arrive et je peux recommencer mes longues marches avec ma chienne. Fini les petits quinze minutes de pas rapides, la tête enfoncée dans les épaules, les doigts qui picotent et l’impatience de revenir se réchauffer dans la maison.


Là, je peux prendre mon temps, apprécier le paysage et le chant des oiseaux.


C’est tellement doux le vent chaud sur mon visage. Après la morsure du froid de notre hivers Québécois, ça fait un bien fou d’enlever foulard, manteau et gants.


Je me sens plus légère.


Bientôt on change les pneus des voitures et on range les vêtements chauds.


Une autre saison qui passe et j’ai le bonheur d’en être témoin.



257 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout