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Chapitre 33- Les p’tits détails de la vie…

Mis à jour : 1 mars 2020


Sans préjudices...



Louve Dubois

23 hrs ·

33 ième scan ce matin... je dois briller dans le noir maintenant avec tous ces raillons :P

Bonne journée à vous tous !


21 novembre 2019,


Ma chatte dort sur mes genoux. Elle ronronne doucement. Je sens la vibration sur ma peau. C’est une chatte ‘’pot de colle’’. Elle est toujours à la recherche de câlin et de chaleur humaine. Ma zoothérapie féline, toute les deux collées sur le canapé du salon, enveloppées dans ma couverture chauffante. (Merci encore à mes ex-beaux parents pour ce cadeau...je l'utilise tout les jours d'hiver)


Je ferme les yeux et des souvenirs reviennent. Je revois mes enfants jouer dans l’herbe avec les chiens. Ils sont jeunes, beaux et insouciants. J’entends encore leurs rires. Les pleurs lorsqu’ils se font mal.


Ils sont encore à cet âge où un malheur disparaît juste après le bisou sur le bobo...


Je vois leurs joues rosées des bonheurs de jouer dehors. Je sens la chaleur du soleil sur ma peau et le vent qui s’amuse avec mes longs cheveux blonds.


Je me souviens de toutes les fois où ils se sont endormis sur moi après une longue journée de plaisirs partagés, leurs petits bras autour de mon coup.

L'odeur ensoleillé de leurs chevelures et de l'enfance...


Des milliers de petits souvenirs reviennent me visiter fréquemment.

Ils hantent mes moments de repos. J'aime bien fermer les yeux et retourner dans le passé.

Là où notre vie était plus simple et harmonieuse.


Il y a aussi ces moments, vous savez quand vous revenez dans le présent aux premières lueurs de l’aube après une longue nuit de sommeil. Juste avant d’ouvrir les yeux, quand votre mémoire ne fonctionne pas encore?


Ce moment où vous naviguez entre l’oubli et les souvenirs. Des fragments de rêves s’accrochent encore et vous ne savez pas où vous êtes précisément dans l’univers.


Ce moment ne dure pas longtemps, mais il est d’un grand réconfort pour moi.


Je n’y souffre pas. Pas encore…


Et puis soudain le cerveau prend les commandes et votre mémoire revient, comme une vague remplie d’images, de sons et de sentiments.


Vous pensez à l'école, au travail, aux enfants, au ménage, au dernier voyage que vous avez fait, aux trucs que vous voulez acheter...


Moi ? C’est là, à ce moment précis où je replonge dans mon calvaire. J’ouvre les yeux et je regarde mon épée, fidèle au poste, se balancer au-dessus de ma tête.

Je me demande encore -‘’Pourquoi moi?’’…


Je balais du regard la chambre où j’ai dormi. Ah, oui c’est vrai, je vie ici maintenant.

J’avais oublié.


Je veux passer la main dans mes cheveux, mais il n’y en a plus. C’est un vieux réflexe qui ne meurt pas, ça m’arrive souvent, j’ai toujours eu les cheveux long.

Je replace ma tuque…


Je fais un scan mental de mon état physique. Aucune douleur.


Le cancer est une maladie silencieuse, sournoise, qui grandit sans que l’on en ait conscience, jusqu’au jour ou tu le sens, ce mal qui te ronge. Mais là maintenant, ça va.


Je touche mon ventre, aucune bosse. Je sens les cicatrices et j’ai un flash des douleurs qui y sont associées. Les souvenirs sont encore vifs.


J’inspire profondément,(Enfin, avec les poumons qu’il me reste) pour voir si je suis capable.

Le cancer ravage mon poumon droit…

Je suis soulagée de pouvoir encore le faire. C’est une de mes plus grandes peurs, ne plus être en mesure de gonfler mes poumons.


Ensuite, j’essaie de me convaincre que c’est mon destin.


Que la vie a mis ces obstacles sur ma route pour me mettre à l’épreuve.


Que je doive faire du mieux possible pour traverser cette tempête et en ressortir grandit et riches de nouvelles expériences.


Que je dois garder la tête haute, le point levé et braver ce qui m’attend encore avec courage et détermination.


J’essaie de réveiller le soldat en moi. Ça ne marche pas toujours, mais au moins j’ai essayé.


Puis, finalement, je m’arrache de mon lit pour commencer une autre journée.

Mettre un pied devant l’autre, et puis recommencer.


Quelques personnes ont qualifié tout ces gestes de ‘’courageux’’. Certaines m’ont même dit qu’ils ne comprenaient pas que je sois encore en vie à me battre, qu'elles auraient abandonnés le champs de bataille depuis longtemps...


Mais sérieusement, avais-je le choix?


Il ne faut jamais sous-estimer l’amour d’une mère pour ses enfants. Je l'ai fait pour eux, pour exister avec eux le plus longtemps possible.


Quelle image aurais-je laissée derrière moi si j’avais baissé les bras?

Quels exemples veut-on laisser quand nous quittons ce monde?


Je veux que mes enfants sachent que tout est possible même si la vie te tape sur le crâne à répétition. Je veux qu’ils sachent que toutes les vies méritent d’être vécues, même dans l’adversité.


Il y a tant de beauté en se monde, tant de choses à vivre et à ressentir.


À chacun ses choix. À chacun son parcours.


À chacun de trouver son bonheur, où qu’il soit, la tête haute et le regard vers l’avant…


Je vous aime mes amours xoxoxox






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