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Chapitre 32- Le lâchez prise…

Mis à jour : 1 mars 2020


Sans préjudices...


J’ai entendu souvent cette phrase en cinq ans.


Je me le suis répété comme un mantra à plusieurs reprises.


Quelque fois ça m’irritait parce que l’on a l’impression d’abandonner quelque chose et c’est frustrant. Un sentiment d’échec aussi.


Mais la plupart du temps, je sentais un poids de moins sur mes épaules après me l’être répété en boucle dans ma tête suite à un événement traumatisant.


Je dois accepter que je n’aie aucun contrôle sur certaine chose. La maladie, la salope, c’est la pire de toute. Il y a des jours où je me sens tellement impuissante face à elle.


Je suis victime de cette maladie, j'ai été sans recours contre ce qu’elle m’a imposée au fil des années.


Je n’ai pas baissé les bras encore, mais je sens en moi une résolution tranquille grandir… cette voix qui me dis que la mort sera douce quand elle viendra me chercher.


Après tant de souffrance, c’est presque une berceuse, une mélodie pleine de promesses. Je suis tellement fatiguée de me battre. J’aimerais un répit, une trêve où je puisse recharger mes pauvres batteries et oublier.


Je ne m’apitoie pas sur mon sort. Je pense seulement que nous avons tous une limite à ne pas dépasser. La mienne n’est pas loin, je le sens.

-''Lâcher prise ne veut pas dire renoncer. Au contraire, cela signifie progresser, se libérer de poids inutiles et parfois même changer notre façon de percevoir les choses''.

— (Melissa Pekel , « Quand le lâcher prise s’impose» sur Retour à l’innocence. Mis en ligne le 10 juin 2012)



14 novembre 2019,


Oufff, j’arrive de l’hôpital. Ce traitement est plus difficile que les autres. Plus ça va et plus c’est dur. Même si cette fois je n’ai pas eu de Bénadryl, je sens que mon corps est de plus en plus fatigué. J’ai des palpitations au moindre effort. Ça m’inquiète un peu.


Ma grande sœur est encore venue me tenir compagnie et faire le chauffeur. C’est pénible toute seule.


Le stationnement de l’hôpital est tellement loin de l’oncologie. C’est vraiment mal pensé. Il devrait y avoir une ère plus près du bâtiment pour les traitements lourds.

Je dois marcher 10 minutes pour y arriver, l’hivers c’est très pénible, le vent, le froid, et avec en plus le niveau d’énergie qui baisse radicalement après le traitement. La chimio créer une sensibilité au froid accru.


Mes doigts et mes orteils gèlent presque instantanément. J’ai les yeux qui coulent sans arrêt aussi quand je marche à l’extérieur au froid, comme si je pleurais à chaudes larmes…c’est gênant.


Retourner à sa voiture c’est toute une aventure. Marcher avec mon chien aussi.

Alors j’apprécie énormément que l’on me laisse à l’entrée de l’hôpital et qu’on m’y reprenne quand j’ai terminé.

Mon chien trouve ça plus difficile aussi parce que je ne fais pas de grandes marches l’hivers, on reste autour de la maison quand il fait trop froid.


Noël approche, ça aussi c’est un ‘’lâchez prise’’ important pour moi.


J’ai toujours aimé cuisiner, recevoir la famille, fabriquer des cadeaux spéciaux et personnalisés pour tout le monde.

J’aime travailler et peindre le bois, créer des lampes avec des photos de famille rétro éclairées, offrir quelque chose que tu ne peux pas acheter dans les magasins… quelque chose de personnel.


Aujourd’hui je suis tellement fatiguée que je dois mettre tout ça de côté et trouver autre chose. Je n’ai aucune énergie pour ce genre d’attentions maintenant, malheureusement…


Juste décorer la maison sera un défi pour moi. Je ne reçois personne pour les fêtes alors l’envie d’aller acheter un sapin n’est pas des plus forte.

Je sais que les enfants aiment décorer, mais cette année je n’y trouve aucun plaisir.


Je devrais pourtant être heureuse de pouvoir assister à un Noël de plus, de voir 2020 arriver… mais la joie est de plus en plus difficile à trouver dans mon cœur.


J’ai presque perdu tous mes cheveux, encore ...


L’image que le miroir me renvoi ne me plait pas du tout. Je suis loin de la Louve que j’avais l’habitude de contempler dans la glace. Ça me déprime mais je ne peux rien y faire.


Ma belle crinière blonde n’est plus qu’un souvenir doré et lointains.


C’est un peu superficiel je sais. Je n’ai jamais vraiment accordé de l’importance au côté esthétique de ma personne. Je suis un garçon manqué dans l'âme, J’aime être au naturel. Je l’ai toujours été.


Mais là c’est différent. Je me sens comme ‘’Rocky Balboa’’ après un combat de boxe, amoché et pleine de cicatrices.

Difficile d’apprécier la vue.


Le ‘’lâcher prise’’ est difficile ici …


Je sais que l’important c’est ce qu’il y a à l’intérieur. Je vous entends déjà me le répéter.


Arrêtez mes oreilles bourdonnent !!! …hahaha !

Je n’ai pas envie d’être coquette pour Noël. Jeans et gros chandail confortable avec ma tuque préféré, voilà.


Ma relation avec les vêtements a changé durant la maladie. Je ne supporte plus les trucs qui piques, ajustés, lourds ou inconfortables. Ma peau est hypersensible.


Aucune patience pour ces morceaux de tissus qui me tombent sur les nerfs, alors j’opte pour le confort total… et je me fou de l’opinion des autres. Même chose pour les chaussures…


Le premier qui me passe un commentaire négatif je lui flippe mon doigt du milieu !


Mes vêtements préférés sont en grosse peluche douce et chaude. J’ai souvent froid à cause des traitements, de l’anémie et de ma chevelure inexistante alors je cherche à m’emmitoufler.


J’ai un gros faible pour les pyjamas :D ! ( je l'ai toujours eu ;) )


Il est hors de question que je porte quelque chose qui n’est pas douillet, et ce pour le reste de mes jours.


Mon corps a tellement souffert qu’il a besoin d’être réconforté.


Un autre ‘’lâcher prise’’ …


Et vous ? Quelles sont vos vêtements préférés?




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