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Chapitre 31- L’école Sainte-Sophie

Mis à jour : 1 mars 2020


Sans préjudices...


Il neige encore ce soir.


J’espère qu’elle ne restera pas, j’ai oublié de ranger tout mes trucs sur la galerie… awwwwww.


Chimio numéro 5 arrive bientôt. Encore 6 dodos et je retourne m’asseoir sur ma chaise de torture.


J’ai pas enviii mamaaaan …!


J’ai une visite pour ma maison dans deux jours. Je suis nerveuse et j’ai beaucoup de trucs à faire pour que ce soit parfais.


Les enfants sont chez leur père. La maison est silencieuse, mise à part les rêves bruyants de mon chien qui s’est assoupit près de moi.


Une belle après-midi en excellente compagnie aujourd’hui, une ancienne collègue de travail m’a rendu visite. Une Dame que je respecte et que j’apprécie beaucoup.


Appelons la ‘’J’’.


Merci pour cette belle réunion 😉.


Nous avons évoqué pleins de beaux souvenirs de l’école et des élèves qui nous ont marqués au fil des années.


J’ai rencontré des milliers d’enfants durant mes 17 années dans les écoles de ma région. Des milliers de petits visages trottent dans ma tête quand mes souvenirs reviennent à la surface.


Chacun avec sa personnalité, ses défis, son énergie et surtout beaucoup d’amour à donner.

J’aime émerveiller les enfants. J’aime la relation que tu développes avec eux. Ils ont cette capacité de te garder jeune d’une certaine manière.

Être en contact avec eux me demandais énormément d’énergies et de patience, mais ça valait toutes les heures et l’argent que j’investissais dans mes projets.


Tous les gens qui travaillent en milieux scolaire vous le diront, quand tu finis l’année au mois de juin, tu as vraiment besoin de repos.


C’est un emploi drainant, qui demande une attention constante.


Un enfant demande beaucoup, imaginez un groupe de 20, 30, 40…


Je suis passionnée par ce métier. Il me manque énormément. J’ai conservé tout mon matériel au sous-sol. Je sais que je dois faire un gros ménage et me départir de tout mon bagage scolaire, mais c’est vraiment difficile juste de l’envisager.


J’ai souvent dû changer d’école à cause d’une baisse ou une augmentation d’heure ou une modification du poste que j’avais.


À chaque fois c’était très déchirant.


Je suis une extraterrestre dans ce milieu. Quand j’arrive dans une école, j’y amène toutes mes couleurs, mon énergie et mes passions, beaucoup de matériel pour mes activités dirigées et mes animations.

Mes animaux aussi… Jujube, mon lapin nain et Titi, mon oiseau. La zoothérapie avec les enfants ça fait des merveilles…


Devant un groupe d’enfants je suis comme un poisson dans l’eau.

Un clown, une maman, une psychologue, une amie, une enseignante, une infirmière, une animatrice, une formatrice… Tous ces rôles je les jouent quand je travaille. (J’en ai oublié, c’est certain…lol).


Je n’ai jamais haussé la voix avec mes groupes. Les enfants sont tous bien acclimatés à ma routine de travail, mes techniques de contrôle de groupe positives et à mes millions d’activités éducatives et amusantes.


Malheureusement dans ce domaine, les écoles et les services offerts sont très différents les uns des autres. Quelques-unes sont très dynamiques, d’autre moins et j’en ai connu qui manquaient beaucoup d’amour.


Quand je débarque dans une nouvelle école et que les enfants s’ennuient, je détonne tout de suite du reste des éducatrices.

Souvent j’influence pour le mieux mes collègues de travail avec mon savoir-faire et mes talents d’artiste. Dessin, sculpture, peinture…rien ne me fait peur.

Ils sont un peu étonnés au début, mais ils voient tous les effets positifs de mon approche sur les enfants et lentement je les voie changer.


La vie reprend en eux et ils décident de monter dans le train avec mois …

Soudain l'endroit devient amusant et les activités se multiplies. À chaque fois ça me fais tellement chaud au cœur de voir la transformation.

Je le fais pour les p’tits choux, ils méritent le meilleur.


À chaque fois où j’ai dû changer d’école j’ai vécu un déchirement. L’attachement des élèves, leurs petits visages remplis de larmes parce que je devait partir…ouffff. J’ai eu le cœur brisé souvent.


Ma pire et ma plus merveilleuse expérience à la fois fut à l’école Sainte-Sophie.


J’y ai travaillé un an seulement. Mais mon dynamisme et mes activités y ont été plus que bienvenues.

Sainte-Sophie est une petite école sans espace vert, une petite cour d’école sans couleurs et déprimante à l’époque.


Les éducatrices qui y travaillent n’anime pas, ou presque. Que quelques activités ici et là.

La discipline est sévère à Sainte-Sophie et les enfants sont souvent réprimandés, en punition ou s’ennuient.


Quand il n’a rien d’intéressant à faire, que fait l’enfant?


Il dérange, n’écoute pas les consignes, cherche constamment l’attention négative ou positive, entre en conflit plus facilement avec les autres…


Bref, quand tu en as 20 avec toi qui s’ennuient…c’est l’enfer.


De là viennent mes techniques d’animations :

Les garder occupés, les responssabiliser, les intéresser et les stimuler dans chacune des périodes de la journée!


C’est très simple en fait. Mais ça demande de l'amour, du travail et de l'implication.


Bien sûr ils ont des périodes libres pour ventiler, mais la majorité du temps, je leurs prépare quelque chose pour que l’attention reste positive et que la participation soit constante.


J’ai dû travailler fort cette année-là, il y avait beaucoup à faire et souvent l’équipe de travail était réfractaire aux changements. L’humain aime bien la routine et c’est long changer une habitude, il faut être très patient.


Les semaines et les mois ont passé et j’ai réussi, avec mes idées nouvelles et ma persévérance, à transformer cet endroit terne en chaumière chaleureuse et amusante.

Les enfants avaient hâte que la cloche sonne pour venir me retrouver. J’y ai passé des moments très touchants.


Je me souviendrais toujours de la veille de mon départ.


Mon poste et celui de deux autres éducatrices avait été modifié car la clientèle avait augmenté considérablement. Quand c'est amusant au service de garde les enfants veulent y rester...J'ai donc été victime des améliorations que j'ai moi-même instaurées.


Quand un poste est modifié il doit être remis au ballottage…question d’ancienneté. Aujourd’hui ce changement de poste se fait l’été. Mais à l’époque c’était durant l’année scolaire.


Bref, je changeais d’école encore…


L’annonce de notre départ a été fais à la dernière période avant le dîner.


J’ai vue arrivé dans mon local tous mes petits visages pleins de larmes et tristes.

J’avais le cœur gros aussi, je devais leur expliquer pourquoi je devais partir mais pour eux, c’est du charabia, ils veulent que je reste.


Le dîner terminé, je me dirige vers la porte arrière pour rejoindre mon groupe dans la cour d’école…

je fais quelques pas et 4 de mes cocottes arrivent en courant et me serrent dans leurs bras en pleurant.


D’autres arrivent et font la même chose.


Et d’autres encore…


Les minutes qui ont suivit ont été vraiment pénible, j’avais une soixantaine d’élèves autour de moi qui me faisaient un câlin monumental en un immense cercle qui pleuraient.

Juste de l’écrire j’en ai encore les larmes aux yeux. Ils sont tous resté là plusieurs minutes à m’encercler et pleurer ensemble.


J’ai éclaté en sanglots avec eux, je n’ai rien pu faire pour retenir mes larmes.

J’ai essayé des les réconforter du mieux que j’ai pu.


Les autres éducatrices ont dû intervenir pour que tout le monde retourne jouer.

Ils ne pouvaient pas passer la récréation à pleurer.


Le retour en classe a été pénible aussi. La direction a fait une intervention par intercommunication

pour essayer de calmer les élèves qui pleuraient encore en classe.


Ce jour-là est resté gravé en moi.


Que je vous aime mes p’tits amours, Je m’ennuie de vous tous !


Je ne vous oublierai jamais! xoxxoxoxoxoxo




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