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Chapitre 30- La guerre est finie ?

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...


Me voilà encore aux prises avec une vieille copine, l'insomnie...


Quand mes pensées partent en vrille je n'ai d'autres choix que de les mettre sur une page blanche...


Sinon je passe la nuit à essayer de me rendormir sans succès.


Alors voilà,


Je suis moi !

La maladie est là, mais elle ne me prend pas tout.

Si vous la laissez faire, la maladie peut vous définir et vous y perdez votre personnalité.


Il faut voir au-delà de la montagne.


Ne pas laisser l’arbre vous cacher la forêt.

Ça peut être long parfois avant de se retrouver dans ce labyrinthe d'émotions.

C’est un gros effort parfois. Il y a des jours où elle prend tellement de place que j’arrive à peine à respirer. C'est l'éléphant dans la pièce. J'aime bien les éléphants, mais celui là pas du tout.


On me disait au début que je devais apprendre à accepter cette maladie.


Non, je ne l’accepte pas!

Et vous n’êtes pas obligé de l’accepter non plus.


La colère face à cette merde m’a souvent donné le courage d’affronter les traitements et les chirurgies.

Il ne faut pas la perdre la colère. Elle est utile parfois. Elle nous pousse à avancer. Bien sûr il y a les autres sentiments qui poussent pour la première place au podium, mais la colère c'est mon amie dans ma bataille.


Il est là, l’indésirable cancer.


Mais aussitôt que j’en ai la chance, je le repousse dans un coin de la pièce et j’essaie de l’oublier pour quelques jours. Ça m’aide à garder mon équilibre et mes émotions au neutre.


Je sais qu'il viendra un temps ou je ne pourrai plus l'ignorer.


En attendant je prends toutes les journées de répit qui me sont offertes.




Le jeu…


Le jeu était une porte idéale pour moi quand j’étais seule, déprimée et quand chacun de mes gestes ou déplacements devenaient une épreuve.

Mes amis de par le monde me tenaient compagnie. On blaguait, se racontait nos vies, partageait de la musique en jouant. J’y ai même perfectionné mon anglais, je suis parfaitement bilingue aujourd’hui.

Avec le temps j’ai développé mes talents de combattante et j’étais très sollicitée par des groupes de joueurs qui voulaient mon aide.


Tout le monde voulait que ‘’Vegan’’ viennent les aider à remporter un match. Mon personnage était reconnu partout dans cet univers, il l’est encore aujourd’hui. Ici, je suis une légende.



J’allais y chercher ma valorisation, celle que j’ai perdue dans le monde réel. Celle que je retrouvais avant, dans mon travail et ma vie sociale. Celle qui me permettait de traverser mes journées sans me répéter que je ne valais et ne servais plus à rien. Que j’étais inutile maintenant dans ce monde.


Un peu d’estime de moi.


Quand mes amis internautes ont su pour la maladie, ils ont tous changé leurs noms de personnages pour y inclure le mien en signe de solidarité. J’ai été très touché par ce geste. Partout où j’allais dans ce monde médiévale virtuel je voyais mon nom.


J’en avais les larmes aux yeux. Ils sont tellement gentils.


Le jeu me permet de courir, voler, chevaucher un dragon et une panoplie d’autres montures, me battre, construire et vivre toutes sortes d’aventures. Il me permet d’échapper à mes malheurs, à mon corps fatigué et meurtrit.


Quand j’entre dans cet univers, tout est possible, je ne suis plus handicapée, à bout de souffle et malade.

Voilà ce qui m’a attiré dans le jeu. Je sais très bien que n’est que virtuel et que la vie me rattrape quand je sorts de ma bulle.


Mais ces instants d’oubli était comme un baume sur ma cicatrice béante et sur ma solitude.


Je pense que chaque humain trouve sa porte de sortie quotidienne.


Son activité qui lui permettra de décrocher.


Il y a autant de portes que d’humains sur la planète. Chaque porte est différente et nous soulage tous de notre fardeau, quel qu’il soit.


Pour certain c’est le sport, d’autre les séries télé sur ‘’NETFLIX’’, il y a les artistes et ceux qui préfèrent la lecture, les amis …


Nous sommes tous différents mais recherchons la même chose, le même objectif…décrocher.


Il ne nous appartient pas de juger la porte des autres.


À chacun de vivre comme il l’entend.



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