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Chapitre 3- La maternité

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...


Rien en ce monde n’égale l’amour d’une mère pour son enfant.


Je suis tombé enceinte par un beau mois d’août 1999. Nous avions pris la décision X et moi. C’était le bon moment. La maison bleue était en construction et nous avions prévu d’y avoir notre premier enfant.


J'avais une belle grosse bedaine mais je travaillais quand même sur le chantier.


Nous venions d’adopter Shasta, notre premier chien. Une belle labrador blonde au grand cœur. Je m’occupais de tout. Au déménagement la maison n’était pas terminée. Nous avons eu beaucoup d’aide. Les deux familles, les amis… ils ont tous donné un coup de main et au moi d’avril 2000 nous étions enfin chez nous, dans notre maison.


Ma grossesse c’est bien passé. Aucun problème. Un modèle de bedon bien rond et vigoureux. Le bébé bougeait beaucoup. Je ne voulais pas savoir le sexe. Je voulais avoir la surprise. Je voulais un enfant en santé, c’est tout ce qui m’importais. Je parlais à mon ventre constamment, je chantais des berceuses, je caressais les petites bosses qui poussais sous mon nombril. Quel bonheur d’avoir un petit être qui pousse en soi.

J’avais décidé d’accoucher avec les sages-femmes. Pour moi c’était la meilleure approche, je n’aimais pas les hôpitaux …

Andrée s’occupait de moi. Une femme forte et compétente. Les locaux du centre de maternité était bien équipé et le personnel rassurant. X a eu du mal à accepter cette décision, mais après une visite il était convaincu.


Puis, le 7 mai 2000 en avant midi, je me suis rendu au centre, le travail était commencé. Pas de grosses douleurs en vue, juste de petite contractions toute la journée. J’avais demandé à ma mère de venir pour l’accouchement. Alors elle était là à faire des allés retour entre ma chambre et la salle d’attente, fidèle au poste de maman.


Vers l’heure du souper, les contractions étaient plus douloureuses. On m’a offert de prendre un bain à remous dans l’une des salles. C’était pour détendre les muscles et relaxer. Mais une fois dans l’eau les choses se sont accéléré et Andrée a pris la décision de me laisser accoucher dans l’eau. X a travaillé fort parce qu'il devait me soulever hors de l'eau pour qu'elle prenne le pouls du bébé. Il était en sueur et presque aussi épuisé que moi.


Alors est née la plus jolie sirène du monde entier. 7lbs et quelques poussières.

Sans pleurer, elle est venue s’échouer sur mon ventre, bien au chaud dans mes bras, sous les serviettes chaudes que ma sage-femme avait préparées. Elle avait les yeux grands ouvert et semblait très calme, comme si elle analysait la situation… ha ha ha, je m’en rappelle comme si c’était hier. Une belle pupuce, toute mouillé, qui a prit le sein dès ses premiers instants de vie, comme si elle savait déjà quoi faire…

Ma fille était là.


Il est impossible de décrire en mot l’effet que la naissance d’un enfant a sur sa mère. Je croyais savoir ce que c’était, l’amour. Et bien non, j’étais à des année lumière de savoir. Le centre de gravité de mon existence a pivoté sur son axe et soudain, le cœur de mon univers se trouvait devant moi, la bouche pleine de mon lait.

Quelle merveille de la nature. Petit être fragile et dépendent de moi. Être avec lequel j’ai un lien si fort que je donnerais ma propre vie pour la sienne. Les valeurs, les priorités, la visions de la vie… tout change à la naissance de ton enfant.


Une force intérieure s’installe et tu deviens maman. C’est fort et très déstabilisant à la fois. J’ai lu beaucoup de livres sur l’accouchement, les soins du bébé, les premiers jours de vie, comment réagir à toutes les situations possibles et imaginables…mais rien ne m’a préparé à ce choc intérieur colossale.


Ma pupuce était un bébé exemplaire… elle dormait souvent avec moi collé dans le lit. C’était plus facile au début. Je pouvais l’allaiter facilement et on s’endormait ensemble. Mes seins étaient douloureux au début mais j’ai persisté et après quelques jours tout est rentré dans l’ordre. La seule chose qui nous a causée un problème c’était les produits laitiers. Elle était allergique alors j’ai dû arrêter d’en consommer. Le problème s’est réglé dès le lendemain.


L’allaitement c’est merveilleux, je recommencerais n’importe quand.


J’avais, par soucis environnemental, décidé d’utiliser des couches en coton. Ma mère les a fabriqués. C’était beaucoup de travail mais je suis contente de l’avoir fait.

Shasta, notre chienne, prenait bien soins du bébé aussi, toujours près de nous à surveiller pendant qu’elle jouait sur sa couverture ou écoutait les Télétubbies…


Je tombais sur les nerfs de X avec ma nourriture bio qui coûte cher mais je tenais à nourrir mon enfant sans produits chimique. On a souvent argumenté à ce sujet. Mais bon, comme je l’ai dis pour l’allaitement, je recommencerais n’importe quand…


Elle grandissait super vite ma pupuce et soudain elle essayait de marcher, à 9 mois et demi. Le temps passe si vite. Entre les allés au parc et les promenades en carrosse avec le chien, la piscine et les jeux à la maison, ma pupuce s’est épanouit. Une petite fille vive et souriante. Très sociable et qui aime par-dessus tout… chanter. On chantait partout, mais dans la voiture c’était intense … lol, Carmen campagne, Annie Brocoli…bref, que du bonheur en musique. X est un bon papa, ( Quand il n'oubli pas de changer la couche ... lol ... J'ai dû soigner des petites fesses rouges plusieurs fois), ils sont beaux à voir tout les deux, mes deux amours.


Puis est venu le temps du retour au travail ☹ … et merde. Laisser ton enfant à la garderie les premières fois, c’est l’enfer.

J’avais été engagé à la dans une école primaire comme éducatrice en milieu de garde. J’avais dû accepter d’envoyer ma pupuce dans une petite garderie en milieu familiale parce que celle que j’avais choisi n’avait pas de place disponible. Je n’ai pas aimé cet endroit, elle n’y est pas restée longtemps.

Mon nouveau travail m’éloignait de ma fille et je trouvais ça vraiment difficile. Mais n’ayant pas le choix, j’ai ravalé ma douleur et une nouvelle routine c’est installé.


Je passais tout de même toute mes matinées avec elle. Je la laissais à la garderie vers 11hr00, (au grand désespoir des éducatrices qui devaient bousculer leur horaire pour la sieste mais bon, pas question de la reconduire plus tôt) et je la reprenais vers 17hr30. Je courrais presque dans le stationnement pour aller la chercher, lol.


Un jour, nous avons décidé de vendre la maison bleue. Ce fut après une méga tempête. X Travaillait de nuit et j’étais seule à la maison avec le bébé et Shasta. J’ai dû descendre un matelas au sous-sol pour la nuit. Dans la chambre au deuxième étage les bureaux bougeaient et les fenêtre craquaient sous la pression du vent. J’ai même vue des morceaux de finissions extérieur s’arracher de la maison…


Nous avions une superbe vue sur le haut de la colline et les montagnes au loin, mais nous n’y étions jamais allés durant une tempête. Nous aurions dû y construire une maison en béton sur un étage au lieu de deux… mais on apprend de nos erreurs et la deuxième maison a été de béton de bas en haut et dans une forêt. Pas de montagne…lol.


Comme pour la maison bleue, j’ai choisi le plan de la nouvelle maison. Un style plus victorien. Cette fois-ci, une grande galerie sur trois faces pour admirer la nature. Pas de maudites lucarnes qui coulent… (La maison bleue en avait quatre et trois d’entre elles coulaient. Mauvaise installation de notre voisin).

J’ai positionné la maison loin de la route pour plus de tranquillité. Les grandes chambres pour les enfants avec d’immenses placards, les grandes fenêtres par lesquelles on peut voir la forêt, le porche à l’arrière, la grande galerie avec le gazebo en bois, l’espace extérieur pour les feux de camp, l’étang et les poissons, les bleuets … toutes mes idées se retrouve dans cette jolie maison.


Nous avons travaillé fort pour construire tout ça. X ne participait pas au design. Il me laissait carte blanche.


Tout ce qui se trouve sur cette propriété est le reflet de mes idées. La grange et le poulailler aussi. C’est moi qui ai dessiné les plans, décidé de l’emplacement des bâtiments et nous avons réalisé chaque projet ensemble.

Je suis vraiment habile avec un marteau et une scie à onglet maintenant…lol.


Et c’est là qu’est venu mon deuxième ange…parce que, qui dit construction de maison, dit grossesse ! Et oui, je suis tombée enceinte de mon deuxième bébé en fin juin 2002. On vendait la maison bleue et commençait à défricher notre nouveau terrain. On avait déménagé dans le sous-sol d'un ami de X parce que la maison n’était pas terminé et nous devions quitter l'autre.


Nous avons finalement pu y dormir tard à l’automne 2002. Mais beaucoup de finissions restaient à faire et l’extérieur de la maison n’était pas commencé. Mais au moins nous étions chez nous.


Nos passe temps? Je m’amuse à sculpter le bois avec les restes des planches de la construction. Je fais des meubles et je les peints. J’ai fait des oiseaux, des poissons en bois. Je m’occupe des animaux et je joue avec ma fille.

X joue au hockey et la plupart du temps sur ses jeux vidéo. Tellement qu’une boutique de la ville a décidé de lui offrir un ordinateur super puissant avec des néons à l’intérieur et lui ont proposé de faire des chroniques dans une émission de télé locale sur les derniers jeux sortis sur le marché. Donc il devait essayer beaucoup de jeux. Quand il n’était pas au travail, il était sur son ordinateur à jouer.


C’est là que j’ai décidé que si je voulais passer du temps avec lui, j’allais le rejoindre dans son jeu vidéo. Il jouait à World of Warcraft. Il passait des heures sur ce jeu en ligne. Alors J’ai acheté le même et nous avons commencé à jouer ensemble. C’était plutôt agréable de jouer avec lui. Il m’a appris comment faire et nous avons joué environ deux ans ensemble. On se gardait toujours un moment dans la journée pour jouer tous les deux.


Mon ventre grossissait, j’était ÉNORME…trop de liquide amiotique à ce qu’ils m’ont dit au centre de maternité. Le bébé flottait comme dans une piscine. Même les vêtements de maternité étaient trop petits. Au mois de mars 2003, vers 20hr45, je descends de la voiture, (je reviens d’un rendez-vous avec ma sage-femme) et je sens le liquide couler entre mes jambes…les deux pieds dans la gadoue, je marche jusqu’à la maison et me couche sur le plancher de la cuisine.


On m’avait dit que le cordon ombilical pouvait passer avant la tête du bébé et couper l’oxygène alors je reste couché jusqu’à ce que Andrée arrive, X l’a appelé tout de suite en entrant dans la maison. Elle se lave les mains et tout de suite met un gant de plastique et la place entre mes jambes pour maintenir la tête du bébé et s’assurer que le cordon reste à l’intérieur.

Un peu paniqué, je prends la décision d’aller à l’hôpital en ambulance. Andrée me suit, toujours la main dans mon entre jambe, jusqu’à la chambre du département de maternité de l'hôpital. Ce fut un très long et désagréable voyage sur les routes printanières cahoteuses…oufffff...

Je ne blasphème pas souvent…lol. Mais il y a des limites quand même!


On me prépare pour l’accouchement. Mon corps pousse déjà pour expulser le bébé mais on me dit d’attendre. Les contractions son fortes. J’ai mal. Le temps passe…

Je sens que quelque chose cloche parce que ça fait maintenant plusieurs heures que je pousse et rien ne se passe. Pourtant le col est dilaté. Je suis inquiète. À chaque contraction on entend le moniteur cardiaque du bébé, son cœur ralenti.


On décide finalement de prendre la péridurale. Je n’en peux plus de pousser. J’ai l’impression d’être devant une porte close avec un troupeau d’éléphant dans mon dos qui pousse pour sortir par le trou de la serrure. Je suis prise au piège… X veut m’aider mais il est inutile, j’ai la peau tellement sensible que je ne supporte pas que l’on me touche et aucun encouragement peu me sortir de cette merde.


Mais la douleur s’estompe avec la drogue injectée dans ma colonne vertébrale. Et c’est là, vers 2hr10 au matin, 5 minutes après l’injection, que le médecin fait son entré dans ma chambre…


Je suis certaine qu’il a passé le début de la nuit dans le sèche-linge… Il est plus que décoiffé, on dirait qu’il s’est battu avec un ours. La chemise à moitié sortie du pantalon, ses sous-vêtements bien en évidences par devant et par derrière, les boutons de sa chemise décalés d’un trou et les plis des couvertures imprimé sur son visage. Il se penche entre mes jambes, met un gant, tâtonne un peu à l’intérieur et au bout de 5 secondes m’annonce que le bébé est inversé, (le nez vers le haut) c’est pour ça qu’il ne sort pas………câlisse, t’aurais pas pu venir avant ?


Il remet la main, presse un peu sur mon ventre et tourne lentement la tête du bébé. Le tout en moins d’une minute !!!??????

/$?/%?*?&* »!/% » »$%? »$%&/%?*&*(??$%$? »**( ….. ) 2hr 21 …


Une fois bien placé, je pousse 3 fois et je le sens qui sort. Le médecin me fait signe de le prendre et je m’avance, les bras en avant pour délicatement glisser mes doigts autour de mon bébé que mon corps expulse encore de mon ventre. Ses petites jambes sorties, je le ramène sur moi doucement et me recouche sur mes oreillers. Les infirmières place les couvertures chaudes sur nous et je me rends compte soudainement que je pleure. C’est enfin fini mon ange … Enfin…


X semble heureux que ce soit terminé. Il a les yeux humides lui aussi.


Au bout d’un moment, la curiosité l’emporte sur la fatigue et je me rends compte que je ne sais pas si c'est un garçon ou une fille... je soulève la couverture pour regarder le sexe de mon bébé… et c’est un petit pénis !!!! Et je pleure encore plus fort… je suis épuisée.


On essuie mon fils un peu mais je ne veux pas que l’on me l’enlève, je le garde sur moi. Il essai d’ouvrir les yeux mais il y a trop de lumière à l’hôpital. Je lui parle et le caresse doucement. Comme quand il était dans mon ventre. Lui aussi a tété dès ses premières minutes de vie.

Bienvenue mon amour.


J’oublie tout ce qui se passe autour de moi.

Il n’y a que lui et moi…Mon fils était enfin là!


Ma pupuce est une grande sœur maintenant. Tout le long de ma grossesse elle embrassait et caressait mon ventre. Lui parlait. Elle avait tellement hâte. Quand, un peu plus tard ce matin-là, elle est entrée dans la chambre pour rencontrer son petit frère, ses yeux étaient grands ouverts et elle tendait déjà les bras pour le prendre.

Que ces moments sont précieux pour moi. Gravé dans mon âmes. Le premier bisou de sa grande sœur sur son front…juste d’y penser j’ai les larmes aux yeux.


C’est le début d’un lien très fort entre deux être au destin commun...




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