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Chapitre 29- Les trois p’tits cochons…

Mis à jour : 1 mars 2020


Sans préjudices...


1 novembre 2019,


Wow! Toute une tempête. Le vent et la pluie combiné :O ! Halloween a été reporté à ce soir mais je ne sais pas si la température va se calmer d’ici-là…


Mais j’ai de la chance, ma maison est en brique, aucune chance qu’elle s’envole comme celle de bois ou de paille… 😉. Je devais installer mon affiche de maison à vendre hier, une chance que j’étais trop fatigué pour le faire parce qu’elle se serait envolée. Il y a eu des inondations partout, des arbres tombés, l’électricité qui va et vient…pas facile le réchauffement de la planète.


5 ième traitements plus difficile. Nausée mal contrôlée, on m’a donnée un mix de Bénadryl et de Zofran pour arrêter les vomissements…super super. J’ai l’air d’un zombie avec mes cernes sous les yeux et ma peau blanche comme de la craie.


Ma grande sœur est là. Elle voulait m’accompagné pour ce traitement et elle a bien fait parce que je suis incapable de conduire pour revenir à la maison. Le Bénadryl en dose d’éléphant ça frappe de plein fouet.


J’ai dormi le reste de la journée. Pas capable de me lever pour me faire à manger et de toute façon je n’ai pas faim du tout. J’ai avalé une bouchée vers 1 heure du matin…Bref, j’espère que ce ne sera pas comme ça pour les prochains traitements sinon ça va compliquer pas mal mon quotidien.


On pourrait penser, qu’avec le temps et toutes les procédures médicales que j’ai subi, que mon seuil de tolérance à la douleur est plus élevé aujourd’hui.

Mais en fait c’est le contraire. Je suis devenue hyper sensible. La moindre piqûre, la moindre douleur me fait monter les larmes aux yeux. Je ne supporte plus la souffrance.


Je m’efforce de paraître brave mais en fait je me sens comme une fillette de 5 ans qui se blesse et qui n’a personne autour pour lui venir en aide.

Chaque fois que j’ai mal au ventre j’angoisse et me demande si c’est le début de la fin. C’est vraiment stressant.


La première fois que j’ai ressentie ces douleurs en 2015, je ne m’en faisais pas beaucoup. Je ne pensais pas que c’était grave, qu’un cancer grandissait en moi. Un léger mal de ventre qui s’est transformé en cauchemar à l’hôpital. Alors je pense que c’est normal que mes pensées partent dans tout les sens à la moindre crampe.


J’ai l’impression d’être là à attendre que le mal m’emporte. Attendre que la douleur soit tellement insupportable que je perde conscience sans pouvoir dire au revoir.

Vivre avec cette maladie c’est comme vivre dans le malheur 24/7. Tu veux rester positif mais à la longue c’est vraiment épuisant.


Tout mes projets sont à cours termes. Le reste on verra.

J’envie tout ceux autour de moi qui ont encore l’insouciance. Celle qui te permet de te projeter vers de nouvelles aventures et de vivre sans épée au-dessus de ta tête. Ne pas s’en faire et vivre.


Tout le monde court autour de moi. Le travail, la famille, l’école, les rendez-vous, les fêtes… C’est un grand tourbillon qui engloutit tout le monde, sauf moi.

Je suis là à regarder le train passer et je reste sur les marches de la gare. Je suis au ralentie.


Le temps c’est presque arrêté.


Il y a quelques personnes qui prennent un moment pour faire une pause avec moi. Mais ma situation n’est pas joyeuse, alors ils repartent vite vers leurs tourbillons. Là où il est plus facile de ne plus penser, car tu n’as pas beaucoup de temps pour le faire.


Je les comprends. Moi aussi j’ai essayé de m’échapper, mais ça n’a pas fonctionné.



2 novembre 2019,


Finalement l’Halloween cette année a été un gros flop point de vue distribution de friandises. Je suis restée avec tout mon stock de chips et de chocolats. Le 31 octobre déluge et le lendemain des vents violents… C’est mes enfants qui vont être content. De bonnes réserves de sucreries…


La maison est affichée sur internet. J’ai eu quelques questions mais pas de visites encore. J’espère ne pas être obligé de prendre un agent, je ne roule pas sur l’or et ils en prennent une bonne tranche côté profits.


Depuis mon dernier EMAIL à X, aucune réponse. J’imagine qu’il n’est vraiment pas d’accord avec ma décision de retourner dans les Laurentides près de ma famille et mes amis. Alors c’est le silence radio.


‘’Je suis certain que selon toi je suis responsable à 95% de ce qui se passe aujourd'hui, mais je peux t'affirmer que tu en as une grande partie également’’.

X


Voilà ce que X a écrit dans son dernier courriel.


Moi, ce que je pense?


C’est que la maladie est en grande partie responsable de tout ça. Je ne dis pas que je suis blanche comme neige. Juste que ce cancer nous a vraiment pourrit la vie.


La maladie est venue mettre à l’épreuve ma force, mon être, mon image, mes rêves, user et détruire notre famille.


C’est une vraie salope.


Malgré les mauvais choix et tout ce qui est venu ensuite.


C’est elle la grande responsable.


Mesurer nos fautes mutuelles ne nous mènera à rien, puisque c’est du passé.


-‘’Le livre que tu écrits va surement relater de beaux moments mais j'aurais aimé que l'image finale soit positive. Je te l'ai dit et te le répète, il y a bien des choses que tu interprètes mal’’.

X


Vraiment X ? Que l’image finale soit positive ? Dis-moi, que puis-je voir de positif dans tout ça, alors que c’est moi qui encaisse tous les coups et qui perds sur tous les plans.

Dis moi, quelles ont été tes désagréments, mis à part la perte de tout cet argent que tu aimes tans et dont tu avais hâte d'hérité à mon décès pour partir avec ta nouvelle femme? Un belle retraite dorée...


J’AI subi la maladie…

Il m’a accompagné, Il a vue à quel point j’ai souffert et ce n’est pas encore fini.


J’AI subi l’adultère,


J’AI subi la trahison et la méchanceté …


Il n’est pas question ici de mal interpréter ses propos.

Il n’a laissé aucune place à l’interprétation en écrivant tout ça …


J’ai toujours été fidèle et sincère dans mes sentiments et ma façon d’être.

Je le suis encore aujourd’hui.


Cette intégrité? C’est ça qu’il me reste…C'est tout ce que je peux réclamer!


J'essaie de me débarrasser de ma colère et ma rancune, mais quand je reçois des mails avec ce genre de propos, c'est plus que difficile de garder mon calme.

Il m’envoi encore des messages de reproches et de sous-entendu méprisant mes choix et mon manque de rigueur en tant que parent dans ses derniers courriels.


Je fais ce que je peux, avec les moyens et l'énergie que j'ai...


C’est certain que dans la maladie, il y a des jours plus difficiles que d’autres et que je n’ai pas toujours l’énergie suffisante pour m’affirmer en tant que parent, surtout durant la chimiothérapie. Je suis imparfaite, je fais de mon mieux compte tenu des circonstances dans lesquels je vie. Comme les enfants passe la majeur partie du temps chez moi, les tâches sont plus importantes aussi et la fatigue est constante.


Mon budget est plus restreint aussi. Mais je me débrouille.


J’essaie d’agir comme un phare.

Je donne des conseils et j’essaie de guider mes enfants. Mais ce sont de jeunes adultes maintenant, je pense aussi que faire des erreurs et des mauvais choix fais partie de l’apprentissage.


Je ne peux pas leurs tenir la main pour traverser la rivière, ils sont grands maintenant. Ils apprennent à naviguer tout seul. Je leur laisse juste savoir qu’ils peuvent revenir au quai quand ils le veulent et que je serais là aussi longtemps que possible pour les accueillir et les aider dans leurs cheminements.


Ainsi va la vie au pays des trois p'tits cochons ; ) ...


Elle n'est pas parfaite, mais c'est la nôtre.




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