Rechercher

Chapitre 21- Patience, quand tu n’es plus…

Mis à jour : 1 mars 2020

Sans préjudices...


La semaine dernière, Ma grande soeur a eu la bonne idée de nous inviter, notre mère et moi, à faire une petite escapade sur le bord du fleuve.


B&B et croisière pour visiter les îles qui parsèment le grand cour d''eau dans la région de Québec.


Nous avons passé de très beaux moments. Les paysages étaient superbes. La croisière un peu mouvementé (Ma sœur a été malade) mais amusante.

Le fleuve est si beau. C’est un autre style de vie, grandir sur une île…

Les bateaux, aller à l’école en avion, attendre tout l’hivers que la glace fonde pour que les traversiers puissent reprendre leurs rondes d’une rive à l’autre, faire des réserves de nourriture pour l’hivers…

Un beau coin de pays. Vraiment. Merci xoxoxox !



Mars 2017,


Pour la prochaine histoire, il faut que j’explique mon état d’esprit. Vous avez lu les chapitres précédents. Donc vous savez combien d’heures environ j’ai passé en milieux hospitaliers, toutes les épreuves que j’ai vécues jusqu’à maintenant…


Quand tout cette histoire a commencé, durant mes premiers séjours à l’hôpital, j’était super patiente. Je laissais les étudiants me piquer, il faut bien commencer quelques part. J’étais gentille et patiente avec tout le monde (À quelques exceptions près) lol.


Mais avec le temps et la souffrance, ma patience a perdue du poids. Elle est anorexique… Je ne veux pas être désagréable, c’est juste que j’ai beaucoup d’expériences pour comparer la compétence du personnel, leurs comportements, la vitesse de réponse à un appel à la chambre…


Donc quand quelqu’un ne fait pas son travail comme il le devrait, je le sais tout de suite et ça me tombe sur les nerfs.


Ce qui m’amène à Mme ‘’Bodruche’’, (C’est le surnom que je lui ai donné).


Mme Bodruche, femme dans la cinquantaine d’origine Haïtienne, est la plus ancienne de l’étage. Elle donne des ordres aux plus jeunes, n’est pas agréable ni douce avec les patients, elle est impatiente avec les débutantes…vous voyez le portrait?


Je côtoie Mme Bodruche depuis que je suis arrivé sur l’étage de post-chirurgies. Et je l’observe… elle ne se doute pas que je suis une femelle alpha… lol, blessée, couchée dans un lit et souffrante, mais alpha quand même.


Elle est autoritaire avec moi, froide et directe. J’essaie de me contenir parce que le reste du personnel est super gentil et je ne veux pas créer de vague dès les premiers jours.


Cet après-midi-là je suis seule à l’hôpital. X n’est pas là. Je revenais d’un examen en radiologie qui avait été très difficile parce qu’ils devaient prendre la radio de mon ventre debout. Je tenais à peine sur mes jambes et la douleur persistante grugeait toutes mes forces. J’ai presque perdu conscience… c’est l’infirmier qui m’a retenu avant que je ne tombe par terre.


En plus j’avais eu une matinée mouvementée. Marche de quelques minutes dans le corridor, exercices respiratoires, physio pour ma jambe…bref, un marathon pour moi…


J’étais en chaise roulante au retour à ma chambre. C’est une jeune infirmière qui me pousse, celle qui m’a presque ouvert le ventre avec ses poings, (Je lui ai pardonné, elle est vraiment gentille, elle manque seulement d’expérience). Comme je suis exténuée, je lui demande de bien vouloir avancer la chaise près du lit parce que je veux me coucher et me reposer.


Arrivé à la porte j’entends Bodruche donner un ordre. Elle arrive derrière moi et chuchote à la jeune de lui laisser la place, elle va s’occuper de moi…


Ok. L’autre la laisse me prendre en charge et la chaise recule dans le corridor.


Bodruche m’annonce que je dois marcher jusqu’à mon fauteuil et m’asseoir, que je dois faire des efforts …je bloque la chaise avec mon pied.


Je lui dis non, je me tourne la tête et lui dis que je vais dans mon lit. Elle insiste avec un air autoritaire et essai de m’impressionné avec ses bras sur les hanches, elle me fait un sermon sur l’exercice… lol.

Entre temps, son amie Mexicaine entre, elles travaillent souvent ensemble. Elles sont deux à insister maintenant et Bodruche commence à installer le fauteuil pour que je m’y assoie. Les deux femmes travaillent en après-midi. Elles n’ont aucune idée de ce que j’ai fais depuis le matin.

J’utilise mon dernier brin de patience j’essaie de lui expliquer la situation, je lui dis que je suis vraiment fatiguée et que je veux me coucher.


Elle ne veut rien entendre et recommence … je n’en peux vraiment plus …


Erreur Bodruche …


J’ai ‘’pété ma coche’’ comme on dit en bon Québécois.


J’ai monté le volume de ma pauvre voix entravé pas le levin, je lui dis NON ! JE ME COUCHE…


Elle commence à parler fort et bla bla bla et bla bla bla…je ne l’écoute plus. Je regarde la Mexicaine et lui fais signe de me pousser vers mon lit.


L’autre a les baguettes dans les airs maintenant et elle n’arrête pas.

Je lui répète que ce n’est pas ma première chirurgie et que je sais quand et combien de temps je dois faire des exercices. Rien à faire. Elle continue.


De tout évidence, pas beaucoup de gens ont dû lui tenir tête dans cette vie.

-''Oui, oui madame, ont sait que ce n’est pas votre premiè……. ''


-''DEHORS !!! SORTEZ DE MA CHAMBRE!''


Sa bouche s’est refermée, le calme enfin… Elle est devenue toute rouge de colère et est sortie en frappant le sol de ses pieds fâchés. Lol lol lol. C'est ça, va faire la danse du bacon dans le corridor...


Y’a des limites. L’intimidation, ce n’est pas juste dans les écoles que ça se passe.

Ma décision est prise, elle ne reviendra pas dans ma chambre. J’en avise l’autre infirmière. Je n’ai pas d’énergies à mettre sur Bodruche.


Scandale sur l’étage. Je l’entends dans le corridor, insulté …


Plus mon problème. Dégage Bodruche.


Enfin je peux fermer les yeux.


Ma famille vient me visiter. Ils sont tellement gentils. Je m’ennuie des enfants. Mais je sais qu’ils sont bien.

J’ai fait peur à ma mère aussi. Je me suis encore étouffé avec ma salive avec le levin. C’était la première fois qu’elle en était témoins. Après ça elle voulait rester pour la nuit…lol. Pauvre maman.


FACEBOOK

Louve Dubois

Mars 2017


Bon...choses que l'on vient de débrancher...sonde urinaire...drain thoracique (tige de 65cm de long et du diamètre d'un crayon HB, fiché entre deux côtes) et drain abdominale 1 et 2…et LE LEVIN !!!!! OMG, après quatre jours de torture à cracher et dormir assis dans mon lit (parce que les sécrétions allaient droit dans les poumons et je m’étouffais) …Quel bonheur, quel bonheur, quel bonheur...CE SOIR JE FAIS DODO COUCHÉ !!!! XD !

Seen by 21


Hier les internes sont venus retirer le drain abdominale numéro 3, juste avant que l’on enlève la péridurale. La douleur était tolérable.

Ce matin pour le quatrième part contre … Oh my god! J’ai hurlé. Il en reste un demain matin, je tremble déjà.


J’ai commencé à grignoter un peu. Pas de nausée, c’est bon signe.


X fait la navette pour venir me voir. Il est là moins souvent. Il doit respecter des obligations au travail. Il a de moins en moins de congés disponibles pour m’accompagner dans mes voyages hospitalier. Mais il fait tout son possible pour être là. Mon pauvre amour, cette maladie prend toute la place. Je vois bien qu’il s’essouffle, qu’il est fatigué. Mais je suis impuissante dans tout ça.


Un après midi, j'ai une discussion avec lui. Je veux qu'il comprenne que si jamais il veut partir pour en finir avec mes malheurs, je le comprends. Il venait juste de m'aider à laver mes cheveux. Ce jour là, je lui ai offert une porte de sortie. Je vois bien que c'est difficile pour lui aussi. Je l'aime et je veux qu'il soit heureux. Il me remercie et insiste me disant qu'il est là pour rester. Jusqu'au bout...Il m'aime plus que tout. J'ai les larmes aux yeux, je l'aime mon bel amour. Tellement.


J’essaie de me battre pour que nous retrouvions notre vie d’avant.


J’y mets tout mon cœur et ma force.


La semaine suivante, les médecins me suggèrent un traitement pour ma jambe engourdie. Je l’ai essayé. C’est comme de l'acupuncture, mais avec des chocs électriques en plus pour stimuler les nerfs…


Le spécialiste a installé une aiguille pour me donner une idée…

Ensuite il a appuyé sur un bouton pour la décharge :O.


STOP !!!


Je pleure, encore, merde c’est vraiment douloureux et je me dis que je vais me débrouiller sans ça. Pas question! Après tout ce que j’ai supporté, il manquait plus que les électrochocs… Non merci!


FACEBOOK

de Ma grande soeur...

Mars 10, 2017


Salut la sœur, je suis de retour saine et sauve à la maison.

Les rues de Montréal sont de vraies patinoires. Merci pour ce bel après-midi. Même si tu dors, tu ronfles ou tu gazes…je suis contente d'être près de toi.

Je ne voulais pas tomber dans le mélo, mais je voulais que tu saches que tu es pour moi très inspirante.

Tu es forte, très forte. Tu as une grande volonté de vivre. Tu gardes ton sens de l'humour malgré tes souffrances. Je voulais juste que tu saches ce que je pense.

Passe une belle nuit (sans trop te gratter).

Ta sœur qui t'aime xx

Seen by 17


Merci ma sœur…Je t’aime aussi! Xoxox


Je vais sortir bientôt …




135 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout