Rechercher

Chapitre 20- Le marteau, l’enclume et le boulet de canon …

Mis à jour : 1 mars 2020

Sans préjudices...


Septembre 2018,

Aujourd’hui je suis allé marcher avec ma voisine et maman de l’ami de mon fils. Elle a vécu des événements difficiles récemment elle aussi. Ça fait du bien de sortir et ventiler nos émotions, partager sur le sens de la vie et ce qu’il y a après...

Ma fille chien était super contente aussi. Merci beaucoup pour cette balade.


Je prépare la maison. J’ai des invités en fin de semaine. Nous allons voir un spectacle en famille. De beaux souvenirs et de belles photos en perspective… J’ai hâte!



Février 2017,


J’essaie d’ouvrir les yeux après la chirurgie.


Mes paupières ne répondent pas aux commandes. Je sens le tube dans la gorge et je m’agite parce que j’étouffe.

Je sens des mains gantées toucher mon visage et le tube glisse dans ma gorge…enfin.


C’est douloureux mais je peux avaler au moins. 11 heures sur la table de métal. Mon corps est douloureux. Mes épaules et mes bras sont en feu encore, mais là je sais pourquoi. Mon lit bouge. J’ai mal au cœur et mes tempes jouent du tambour.

Je repars…


Je suis aux soins intensifs encore. Même scénario que l’autre opération. Même décors et les machines près de moi bourdonnent. J’entends tout mais je suis incapable de laisser mes yeux ouverts. X est là. Je sens sa présence. Il me parle. Me rassure. Il ne reste pas longtemps, les heures de visite sont terminées déjà. Il doit me laisser. Il revient demain matin.

Je repars…


J’ouvre mes yeux sur une infirmière qui vérifie les solutés. J’essaie d’avaler. Outch… merde! Le Levin … j’avais demandé un petit calibre de tube avant la chirurgie mais ils n’ont pas écouté ma requête.


J’ai mal à la gorge à chaque fois que j’avale. Non! Pas encore…


Le tube est tellement gros que je m’étouffe avec ma salive.


Le chirurgien passe me voir et me dit que tout a bien été. Ils ont réussi à retirer toutes les masses visibles. Un bout de foie, un bout du poumon droit, du péritoine et des masses dans le gras des intestins. Mais une fois fini c’était ‘’RO’’… mes joues sont humides…j’ai des fuites… Je le remercie et il me laisse dormir.


Je me réveille un peu plus tard dans la nuit. X n'est plus là, il est retourné chez sa sœur. Quelque chose cloche. J’ai des picotements dans la jambe droite.


Merde… elle ne bouge pas. J’essaie à plusieurs reprises de bouger ma jambe et le drap reste inerte. Le gauche lui ça va. J’y mets tous les efforts qu’il me reste et j’essaie encore…rien. J’appui sur la cloche pour l’infirmière et quand je lui explique mon problème je vois la panique dans ses yeux.


Elle disparaît et revient vite avec le médecin de garde des soins intensif. On examine, touche, me demande de bouger les orteils, de pousser…rien.

Ils sortent de la chambre et reviennent quelques minutes plus tard.


On m’explique qu’ils doivent arrêter l’injection de péridurale pour voir si c’est ça qui cause la paralysie….

-‘’Heu ?... Quoi ?’’ non, c’est hors de question!


Ils m’expliquent qu’ils n’ont pas le choix, c’est le protocole…


FUCK LE PROTOCOLE ! PAS QUESTION QUE VOUS ENLEVIEZ LA PÉRIDURALE !!


On ne me laisse pas le choix. Et dans mon état, je ne peux rien y faire.


Merde merde merde merde merde, non non non non …


L’appareil qui contrôle ce médicament est à ma gauche dans un boitier fermé à clef. L’infirmière s’approche et l’ouvre. Elle arrête l’injection…

Je sors à peine de chirurgie et ils arrêtent l’anesthésiant. Je sais ce qui m’attend Je l’ai vécu il n’y a pas si longtemps.


Lentement mon corps sort de l’engourdissement. Je commence à ressentir la brûlure, les coupures, les 5 tubes qui sortent de mon ventre… Je veux mourir…svp…pitié … laissez moi mourir …


J’ai demandé plusieurs fois qu’ils mettent fin à mes souffrances. Une infirmière est restée tout le long près de moi, elle essayait de me réconforter. Mais rien à faire. Je suis restée là à gémir et supplier pendant 4 heures.


Quand le médicament fut complètement dissipé ils ont refait des tests pour voir si je pouvais bouger ma jambe. Entre deux gémissements ils me demandaient de lever la jambe, pousser, bouger les orteils encore…MERDE !


Mon oreiller était trempé de larmes, mes draps de sueurs froides…Je tremblais de partout.


Dr. Machin chose est rassuré parce que ma jambe a bougé et donne le ok pour redémarrer la péridurale. Le hic c’est que quand la douleur monte à ce point c’est très long avant qu’elle redescende à un niveau tolérable.


J’ai souffert comme ça jusqu’au matin. Le volcan dans mon ventre c’est enfin calmé et à bout de force je me suis endormie.


Deux jours plus tard, je discute avec un anesthésiste. Il est au courant pour ma nuit en enfer. Il me dit que s’il avait été là, il aurait recommandé de baisser la dose graduellement jusqu’à ce que ma jambe bouge. Il ne l’aurait pas arrêté complètement…TABARNAK !


Là ce n’est pas juste une brique que j’ai reçu.


C’est le marteau, l’enclume et le boulet de canon…


L’engourdissement est revenu avec le médicament. Mais il s’est déplacé au pied gauche. Les médecins de jour cherchent la cause sans résultats. Puis, le lendemain, un interne vient m’annoncer, avec son air super professionnel, qu’ils veulent encore enlever l’injection pour voir si la sensation dans mon pied va revenir…ha ha ha ha… NON! SORTEZ !


Ils doivent l’enlever demain de toute façon alors…attendez à demain!

Non mais… ??? ! Ils ont atteint ma limite.


Le levin me torture la gorge…je m’étouffe souvent. Avec un ventre amoché comme le miens, tousser, éternuer, rire…c’est très douloureux. Ma cicatrice est longue et tout mon ventre est sensible.


On me transfert dans une chambre. Je quitte les soins intensifs.


Ce périple fut très divertissant. X trouvait ça super drôle. Il regrettait de ne pas avoir filmé la scène après. Il nous suivait de près, les infirmières et moi.


Quatre infirmières Haïtiennes qui essaient de faire passer ma civière dans un cadre de porte minuscule. C’était digne des films muets en noir et blanc… lol.


Sort, entre, sort, entre encore, tourne, sort, réfléchit, rentre, ne marche pas, discutent, sort, rentre omgosh! … lololol …


Elles ont finalement réussi après 15 minutes. Maintenant il fallait me transférer de la civière à mon lit d’hôpital.

Désolé, mais quatre ostie d’incompétentes…J’ai eu très mal…de toute évidence, aucune d’elles ne s’avait comment faire. La plus jeune se place vis-à-vis mon ventre et pour aider, décide de prendre ses deux poings et pousser sur ma chirurgie et mes jolis tubes qui sortent de mon ventre du côté gauche …


%&%$? »$%???*$%?!/$%?& …

X est en colère.


Moins drôle celle-là…encore des larmes et une conne qui sort de ma chambre cul par-dessus tête…


FACEBOOK

Louve Dubois

Mars 2017


Coucou tout le monde !!! je prends deux minutes pour vous remercier pour vos mots d'encouragement. la morphine est forte alors c'est tout pour aujourd'hui . xoxoxox a+

Seen by 17



Anecdote du jour suivant :


J’ai demandé de la glace à une préposé pour ma carafe d’eau. Elle est revenue avec un sac poubelle noir et 9 ou 10 lbs de glace…ha ha ha! Ça devait être sa première journée de travail …

-''Où voulez-vous ça madame ? Dans le dos?'' 😊 !


Cette gaffe m’a fait sourire.


Ma journée était moins terne…



147 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout