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Chapitre 19- Les vacances à l'auberge...

Mis à jour : 12 août 2020

Sans préjudices...


Mon copain et moi venons de regarder le dernier film des Avengers. Un beau moment de complicité.


Quel bon film. J’adore les super héros. J’ai mon chandail de Superman comme tout fan fini. À chaque fois qu’un nouveau film sort en salle je me précipite pour le voir. Sur mon disque dur à l’hôpital j’ai les XMEN aussi. Je ne me lasse jamais. C’est plus fort que moi…


février 2017,


La fin de semaine avant la chirurgie nous sommes dans une auberge familiale à trois heures de route de notre maison. Depuis presque 10 ans quelques amis de longue date se réunissent avec leurs familles à la St-Valentin pour partager des sports d’hivers, de la bonne bouffe, se raconter nos vies…et regarder les enfants grandir et jouer ensemble. Nous sommes environ une trentaine dans le chalet. C’est devenu une petite tradition au fil des année.


Le samedi matin, je me suis empiffrée. La nourriture d’hôpital c’est merdique alors j’en profites, je mange … Je fais des réserves ! lol …

La nervosité me donne de l’urticaire. Ça me démange constamment. J’espère que ce ne sera pas un problème pour l’opération.

Nous passons un beau moment à l’auberge du lac Marmotte, ça m’aide à oublier. Les amis sont très compatissants et me souhaites bonne chance.


Il y a beaucoup de bruit, de rire et de joie ici. Je fais le plein de souvenirs heureux. J’ai toujours un arrière-goût dans la bouche part contre. J’envie la normalité et la simplicité de la vie des gens autour de moi. J’ai perdu tout ça il y a deux ans déjà.


Mon hypersensibilité m’agace. Aussitôt que je pense au futur mes larmes coulent.

X et les enfants ont l’air heureux ici. Ils oublient momentanément nos malheurs. C’est bon de les voir sourire.


La nostalgie m’habite en permanence. Quelle merde le cancer.


Il neige ce matin. Le paysage est magnifique. Il fait froid. Les jeunes jouent dehors et rentrent les joues rouges et les cils glacés. Dans le chalet les conversations vont bon train.

J’aime écouter les histoires de chacun. Je ne suis pas de type verbo-moteur. J’aime écouter. Analyser les gens.

Durant ce séjour, j’ai essayé au mieux de mes capacités de mettre mes émotions en veilleuse. De ne pas imaginer que c’était peut-être la dernière fois que je faisais le voyage au lac avec X et les enfants.

Comme un soldat avant la bataille, je tiens mon épée serrée sur ma poitrine. Je tremble. J’ai peur de souffrir, de mourir. Je suis en première ligne et je ne peux pas reculer. Ma seule option c’est de regarder l’ennemie dans les yeux et de l’affronter. J’ai peur de manquer de force. Mon corps est fatigué et faible. Mon épée est lourde.

Ma motivation est là devant moi. Deux enfants merveilleux et X. Le voilà mon courage.


Abandonner mon corps dans la salle de chirurgie…Ces étrangers qui vont me découper…

Les images des autres chirurgies sont très fraîches dans ma tête.

J’en fais des cauchemars. C’est un traumatisme profond qui me hante encore aujourd’hui.


Au secours!



13 février 2017,


Juste avant mon départ de la maison, j’ai reçu un appel du centre d’oncologie.

L’assistante de mon oncologue voulait me donner un rendez-vous pour une biopsie au seins gauche suite à un diagnostic de cancer…ouaip….


J’ai appelé mon infirmière pivot en panique. Merde c’est quoi cette histoire?


Elle me rappelle 30 minutes plus tard pour me confirmer que c’était une erreur de dossier.


OMGOSH ! Incroyable.


Pourquoi c’est toujours à moi que ça arrive ces conneries ?!!! Ça mérite d’être noté dans mon livre . J’en ris aujourd’hui mais sur le coup c’était loin d’être drôle.


J’attends dans ma nouvelle chambre d'hôpital terne et vieillotte. Je vais passablement bien, si ce n’était des plaques et des boutons qui me démangent partout sur le corps. Exéma qu’ils m’ont dit…J’ai un gros doute parce que j’en ai fait toute ma vie et ça ressemblait pas du tout à ça mais bon… On m’a prescrit 3 crèmes différentes et elles ne fonctionnent pas du tout.


Les pansements vont être une véritable torture avec ça. Merde.


Cette nuit-là je suis incapable de dormir. Je m’en fou un peu parce que les prochains jours je vais faire que ça, dormir. Alors j’écris une lettre d’adieu à mes enfants et X.


Je ne l’écrirai pas ici. Peut-être plus tard…


Mes parents ont pris la relève à la maison. Qu’ils sont gentils. Je peux partir la tête tranquille. Je ne suis même pas inquiète. Je sais que tout mon petit monde se portera bien avec eux. C’est tellement précieux toute cette aide. Vraiment. Ça n’a pas de prix. Je suis tellement reconnaissante envers tous ceux qui nous ont aidé. Merci n’est pas suffisant.


14 février 2017,


Quand je vous dis que mon Karma c’est de la merde….


Imaginez-vous donc que vers 9hr15, une infirmière est venue m’annoncer qu’ils ne m’opéreraient pas ce jour-là. Ils veulent reporter au 27 février….


Mon chirurgien a opéré d’urgence un patient entre la vie et la mort toute la nuit. Il est très fatigué et ne veut prendre aucun risque avec ma chirurgie.


Que voulez-vous répondre à ça ?!


J’ai lui ai seulement dis que je souhaitais que cette personne survive. Nous avons ramassé mes effets personnels et nous avons quitté l’hôpital. J’avais eu la diarrhée toute la nuit avec leur ‘’Golight’’ pour vider mes intestins. Mes parents on fait la route pour rien et on est retourné à la maison épuisée physiquement et émotionnellement…encore les montagnes Russes.

Attendre. Attendre encore.


26 février 2017,


PRISE 2 : Aujourd’hui c’est le jour ‘’J’’.

Je suis dans la voiture. Ce soir je ‘’dors’’ à l’hôpital.


Opération demain 8 hr00.


Mes craintes n’ont pas diminué. Je ne veux pas pleurer les enfants sont avec nous dans la voiture. C’est la semaine de relâche. Ils viennent me reconduire à ma chambre et vont dormir chez les parents de X.

Mon fils semble déprimé ces jours-ci, ça m’inquiète. Ma fille va bien, enfin je crois. J’espère qu’ils vont bien s’entendre chez leur grands-parents. À leurs âges, ce n’est pas facile la tolérance.


La journée est grise et venteuse. Je me rapproche inexorablement du bistouri.


À l’hôpital, tout va vite. Je ne peux pas installer mes choses dans la chambre parce que c’est temporaire. Après la chirurgie on m’en donne une autre. Je recommence mon traitement de ”Golight” !!! Yéééé…. X (.


Encore une nuit d’insomnie. Je me demande si cette fois-ci ça va fonctionner. Le lendemain X est là tôt. Il passe quelques minutes avec moi et essai de me rassurer.


Je suis morte de peur. Je tremble et la nausée revient. 8hr00, l’infirmière arrive. C’est mon tour.

Une civière dans le corridor m’attend et nous prenons la route vers le bloc opératoire.


L’hôpital a vraiment besoin d’un coup de pinceau. Je m’applique à lire toutes les affiches qui passe. Mes dents s’entrechoquent tellement, j’ai la tremblote. J’essaie d’inspirer lentement pour reprendre le contrôle mais c’est peine perdue. Je suis finalement stationné dans la salle pré op. Juste 3 patients ce matin. C’est le silence total. Je pense qu’ils sont dans le même état de choc que moi.


L’anesthésiste arrive. Il est sympathique et essai de me faire sourire avec une blague… il voit bien ma terreur.

Dans la salle de torture, même matériels que la dernière C.H.I.P. La sonde urinaire est là qui m’attend… je la déteste celle-là.

Et hop! Sur la table, je m’installe pour la péridurale. La piqûre m’a fait très mal, plus que les autres et j’ai senti un choc électrique jusque dans mes chevilles. Je pense qu’il a dû toucher un nerf.


On m’aide pour me placer sur la table froide. On m’attache encore en croix. Je vois la paille dans la main de mon anesthésiste. Ouf … Je n’ai vraiment pas envie de sentir cette merde entrer dans mon bras.

Je serre les dents et la douleur vient. J’ai les orteils tordus tellement ça m’a fait mal.


Comme je lui ai demandé, il me regarde et me dit qu’il est prêt. Je lui fais signe de la tête et on compte ensemble jusqu’à …


J’espère guérir, redevenir moi-même…


Je vous aime mes amours!




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