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Chapitre 18- Le plan A ou le plan B ?

Mis à jour : 1 mars 2020

Sans préjudices...


Avez-vous pris le temps d’observer les étoiles cette semaine?


Je veux dire, vraiment prendre le temps, couché quelque part dehors et essayer de trouver la grande et la petite ours, surveiller les étoiles filantes, admirer la voie lactée…


Le spectacle est magnifique. Je me couche souvent dehors sur l’asphalte devant la maison. Je les vois moins bien qu’à mon autre maison parce que je suis en ville, mais elles sont là. Comme un grand voile sombre étendant ses lumières scintillantes sur notre monde. C’est magnifique et ça nous rappelle à quel point nous sommes des poussières dans cet univers.

17 décembre 2016,


5ième traitement terminé. On m’a retiré l’infuseur hier. Mon état empire. C’est très difficile maintenant. J’ai l’impression que j’ai un piano sur les épaules. Difficile de sortir du lit et de bouger.


Ma grande soeur a passé la journée avec moi pour ce traitement. Une vraie thérapie. Ma psy est passé et nous avons fait cette rencontre ensemble. On a dépoussiéré les tablettes du passé. Évoqué des moments difficiles de notre enfance de nos vies et de ma maladie. Beaucoup de larmes encore.


Il faut dire que quand je parle du plan B les gens autour de moi sont triste.


Moi, le plan B, j’y pense souvent.


Le plan A, c’est celui de la guérison, le B c’est le reste, ce qui pourrait arriver… bref, je pense qu'elle ne s’attendait pas à entendre mon plan B.


Elle est tellement gentille d’être venu. Surtout qu’il y a eu du trafic…2 heures de plus au trajet. Elle a eu la nausée, elle a le mal des transports, et a dû arrêter sur la route. Ce n’est pas juste qu’une personne qui veut bien faire et aide son prochain se retrouve dans une situation pareille. Elle avait l’air tellement épuisée quand elle est arrivée chez moi.


Le père de son conjoint est mort hier. Il est parti en compagnie des gens qu’il aimait. Ils ont pu se dire adieu.

Je pense que pouvoir préparer son départ est un privilège de la vie.


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Louve Dubois

Décembre 2016


Rendez-vous à Montréal aujourd'hui avec une chirurgienne hépatique biliaire, spécialiste du foie...elle veut me rencontrer avant la chirurgie du mois de février. (Si elle a lieu) Le cinquième traitement est difficile, mais le magasinage des fêtes est fini📷:) Maintenant on relax.

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Belle rencontre. Femme très intéressante. Elle me met en garde toutefois. Cette chirurgie va être très risquée. Il se peut qu’ils referment sans rien faire s’ils trouvent trop de métastases. Opération longue et délicate. Il y aura 3 spécialistes, un pour le colorectal, un pour le foie et un pour les poumons. Je dois continuer la chimio pour freiner la maladie le plus possible. Mon épée est beaucoup plus grosse qu’avant, elle est très menaçante.


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Louve Dubois

Décembre 2016


Bon matin !!! Je voudrais profiter de cette tribune pour vous souhaiter un très joyeux temps des fêtes à tous et à toutes. Ne perdez pas un moment du bonheur d'être avec ceux que vous aimez. Savourez chaque seconde, elles sont précieuses. Aussi par la même occasion, j'aimerais vous remercier pour votre soutien et vos mots d'encouragement. Santé et bonheur à vous, gens aux grands cœurs ! Je vous aime ! xoxoxoxoxox

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Janvier 2017,


Bon, le temps des fêtes est terminé. Je viens de finir de ranger les décorations de Noël. Je crois que les enfants sont contents de leurs cadeaux. Quoi que ce ne soit vraiment pas une priorité pour personne présentement, ça fait du bien de recevoir un présent.

J’ai reçu une breloque du l’association du cancer du Canada et une chandelle en forme d’ange… Ma mère veut bien faire mais je n’ai aucune envie que l’on me rappelle que je suis malade et porter une étiquette de cancer. Je pense lui remettre son cadeau. Elle peut le porter si elle veut m’encourager.

J’aimerais bien que l’on arrête de m’y faire penser.


Je viens de terminer le septième traitement. Mes mains sont douloureuses. Ma bouche pleine de bobos. J’ai les yeux qui sèchent ou qui débordent. Mon corps est empoisonné. C’est vraiment chiant cette merde.

Je me demande constamment pourquoi c’est à moi que ça arrive.


J’ai terminé une bernache du Canada ce matin. Elle est jolie, mais j’ai mal aux mains juste à tenir un crayon.

J’ai vendu deux coqs cette semaine à deux femmes très gentilles. C’est X qui va être content, nos matins seront moins bruyants.


Mon fils s’améliore au piano. J’aime l’entendre jouer, s’exprimer musicalement. J’espère qu’il va persévérer, la musique c’est tellement bon pour soigner les maux de l’âme. Il grandit vite. Il est sur le point de me dépasser. Que le temps file, je l’aime tant mon petit homme.


Un autre tournois de volleyball pour ma fille et je dois rester à la maison…ça me brise le cœur.

J’ai eu les dates pour le prochain scan et mon rendez-vous avec mon oncologue. L’éléphant dans la pièce prend beaucoup de place, impossible de penser à autre chose.

J’ai peur.


Non, je suis terrifiée.


L’angoisse du bureau du médecin revient. La peur des mauvaises nouvelles, des résultats d’examens… c’est un cauchemar permanent.


Je n’en ai jamais parlé avant, mais quand je m’assois dans le bureau de l’oncologue, je vois le centre de fin de vie par la fenêtre de son bureau.


C’est poétique non?


Je le regarde, mémorise les détails du bâtiment. J’essai de me concentrer mais mon regard revient toujours sur ce symbole et j’ai le cœur serré.

Janvier 2017,


Ouffff, dernière injection de Neuprogène ce matin. Dure, très dure sur le système.

J’ai des décharges électriques partout dans mon squelette.


J'ai hâte que ça finisse !



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