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Chapitre 13- Ouff…

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...


Je reviens à moi.


Le tube dans ma gorge me fait mal, quelqu’un l’enlève. J’ai une douleur vive aux deux épaules.


Merde mais pourquoi j’ai mal à ce point?

Chaque fois que quelqu’un touche ou déplace mes bras je hurle.


J’ai mal au cœur. On pousse la civière jusqu’aux soins intensifs. J’y suis restée 3 jours. (Service 5 étoiles). Je vois X mais je suis tellement dans la brume que je ne peux rien dire.


J’ai une grande chambre aquarium, une infirmière pour moi toute seule, un lit digne du film ‘’Transformers’’ qui bouge dans toutes les positions et se transforme en chaise.


Je ne supporte pas que l’on touche ou déplace mes bras. Ça fait vraiment trop mal. Pour ce qui est du reste du corps, je ne sens rien avec la péridurale. J’ai 4 drains qui sortent de mon ventre. Deux de chaque côté. Au bout, quatre petites poires qui se remplissent d’un liquide jaunâtre et que l’infirmière doit vider à toute le 4 heures.

J’ai le levin dans ma narine gauche. Mais cette fois ils on prit un tube plus petit, ça fait moins mal quand j’avale.

Je regarde le pansement sur mon ventre, il en fait toute la longueur. Je ne peux pas voir la cicatrice, pas tout de suite. J’entends les sons réguliers de toutes les machines auxquelles je suis branchée. Je suis dans les vapes, mais j'écoute ma respiration...je suis encore en vie !

Le chirurgien me rend visite et me fait un résumé de ma chirurgie :


Elle a duré 13 heures…beaucoup plus long que ce qu’il avait prévu. Il dit que ça été compliqué. Qu’il y avait beaucoup de foyer de cancer répandu un peu partout mais qu’ils ont réussi à tout enlever…


Je n’entend plus le reste à partir de là … Je pleure encore. Il a fait une pause en voyant que je n’écoutais plus.


Il a souri, déposé sa main sur mon avant-bras et serré doucement.


Après un moment je me calme et il me dit que la douleur dans mes bras c’est normal, je suis restée 13 heures les bras attachés sur la table de chirurgie alors les muscles ont souffert. Ça va se replacer avec le temps.

Il me dit qu’ils ont dû enlever des parties de péritoine, l’ovaire gauche, l’utérus, la moitié du rectum, 3 bouts d’intestin et qu’ils ont gratté autour du foie aussi. Il est content du résultat...


–‘’RO’’, qu’il a dit en souriant. (Ça veut dire qu’une fois fini lui et son équipe ne voyaient plus aucune trace de cancer).


Le bain de chimio chaude a brûlé toutes les surfaces ensuite. Il espère qu’aucune cellule de la maladie n’a survécu.

Un grand soulagement m’envahi. X est heureux. Il a les yeux pleins de larmes lui aussi et il me serre la main et m'embrasse.

Je suis vraiment fatigué alors le chirurgien me laisse me reposer et il me dit qu’il va repasser demain pour évaluer mon état.

Mes yeux se ferment…


Quelque chose de très désagréable me réveille. Je fais, semble-t-il, une réaction allergique au Dilaudid, mon antidouleur. J’ai des démangeaisons partout et des plaques qui apparaissent.

Ils doivent changer ma drogue.


Bonjour Morphine!


OUAIWWWWWWWW !


J’ai plus mal … je plane tout le temps. Je fais des blagues avec les infirmières. Je rigole.


Là commence un bal de piqûres, de prise de pression, de changement de pansements, de changement des multiples solutés qui sont accroché à mon lit. Ma cicatrice est immense. Elle part de mon pubis jusqu'entre mes seins. une centaines de broches retiennent les deux côtés de peau de mon ventre. On dirait une fermeture éclair.


Le troisième jour je suis assez bien pour quitter les soins intensifs.


J’ai une chambre privée au 8ième étage :O le luxe !!!

On dirait Haïti !! Il n’y a aucun Québécois de souche ici. Que des infirmières noires. Quelques tchécoslovaques aussi. Tout le monde est gentil et compétents, mais je suis dépaysée!

Je suis sur une diète liquide durant les premiers jours. Les intestins prennent quelques jours avant de se remettre du traumatisme. De toute façon le levin me vide au fur et à mesure. Je prends une gorgée de jus et je la vois ressortir tout de suite par le tube…wow.


X est là. Il me tient compagnie et m’aide si j’ai besoin de quelque chose. Quel amour celui-là! Je l’aime mon compagnon de vie, mon ami de longue date, mon amour. Il fait preuve d'une patience sans borne, je ne voudrais personne d'autre pour m'aider à traverser tout ça.


R-2 dégoûte (mon soluté) travail très fort. Il y a encore 8 poches de solutés de différents cocktails accrochés à mon lit. Les liquides sont injectés dans un cathéter sous ma clavicule gauche.


X ne peut pas dormir à l’hôpital alors il va chez sa sœur non loin de là. Il reste avec moi toute la journée et repart après le souper. Mon pilier est là pour moi. Il me rassure, fait des blagues, ont rit ensemble…sa présence m’est très précieuse.


J’ai enfin du réseau dans cette chambre. J’ai ma tablette, mon livre électronique avec des centaines de titres, mon cellulaire et je peux écouter NETFLIX et des films sur mon disque dur.


Je me suis bien préparée.

Un mois à l’hôpital, c’est long et X ne peut pas toujours être là.

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Louve Dubois

Novembre 2015


Au concours de la plus longue cicatrice, je gagne c'est sûr....!


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Les visites de la famille et des amis se succèdent. Ils sont tous venu. Ils sont gentils et attentionnés. Mes deux sœurs m’ont même donné un bain. Ouffff ! Des anges mes sœurs.


Je n’ai pas beaucoup de force. Je me fatigue très vite. X reste à mes côtés. Il veille sur moi.

Quelques jours passent. On m’annonce que la péridurale doit être enlevé. J’ai un cathéter planté dans ma colonne depuis l’opération qui m’injecte une drogue pour enlever toute sensibilité au bas du corps. Mais ce tube ne doit pas rester trop longtemps car il peut s’infecter ou créer des dommages à la moelle épinière.

X est parti tôt après le souper. Alors je suis seule avec l’infirmière qui s’installe pour m’enlever le petit tube que j'ai dans mon dos. Quand elle a terminé, elle me dit qu’elle va revenir pour mon injection de morphine. Je lui dis qu’elle doit me la donner tout de suite parce que la dose est déjà en retard de 15 minutes. Elle me répond qu’elle va revenir plus tard, que la péridurale fait encore effet alors ça peut attendre.


Après une heure sans péridurale je commence à retrouver la sensation du bas de mon corps.


Je n’ai toujours pas eu de morphine. Je sonne. On me répond que l’infirmière est occupée. Elle va passer bientôt.

J’attends, je suis seule, je ne peux pas bouger, je ne peux rien faire d’autre alors…


15 minutes, je sonne encore, la douleur commence à monter. Je commence à sentir tout ce qu’ils m’ont fait… la boucherie, la brûlure dans mon ventre, les cicatrices. Merde mais qu’est-ce qu’elle fait l’infirmière?


Je sonne encore.


Là c’est vraiment la panique dans ma voie qui fait bouger les choses. Mon infirmière arrive en courant. Elle s’excuse.


Mais il est trop tard.


La douleur monte, même si elle injecte la morphine.


Je n’ai jamais souffert comme ça dans ma vie. Niveau de douleur 20/10. Je pleurais et gémissais, des sueurs froides partout, tous mes muscles avaient des tremblements incontrôlables.

Je suis en état de choc, tellement que mon système digestif arrête de fonctionner.


J’ai entendu d’autres infirmières arrivées en courant, mais je ne voyais plus personne tellement j’étais en trans.


La douleur a pris 6 heures avant de redescendre à 3.

Elles ont dû changer les draps de mon lit deux fois, ils étaient trempés.


Après cet épisode, ma vision de la douleur a beaucoup changé. J’avais un nouveau barème.


Vous savez les films violents où les gens, au moyen âge, se font ouvrir le ventre et découper en morceaux durant les batailles…et bien je sais ce qu’ils ont ressentis.


Vous ajoutez à ça la brûlure des organes internes et du péritoine…voilà.


Tout ça à froid, dans mon lit d’hôpital.


J’en tremble encore.

(Deuxième infirmière qui sort de ma chambre cul par-dessus tête…je ne veux plus la voir).

Je ne sais pas pourquoi, mais après ça toutes les infirmières m’offraient de la morphine, même quand ce n’était pas l’heure… lol...



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