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Chapitre 10- Joyeux anniversaire à moi-même

Mis à jour : 29 févr. 2020

Sans préjudices...

JOIE ! Les enfants sont à la maison aujourd’hui. Être séparée d’eux une semaine sur deux est une vraie torture. Je n’ai jamais été séparée longtemps de mes enfants depuis qu’ils sont nés. Excepté durant les opérations. Je n’aimais pas les faire garder. Même si les grands parents faisaient un super boulot. Je suis mère poule, je l’admets. Y’a des défauts pires que ça dans la vie.


J’ai installé mon hamac dans la cour cette semaine. Ils vont pouvoir en profiter. C’est tellement calme dans le cartier que c’est très agréable de s’y installer pour lire (les yeux fermés 😉)....


Mai 2017,


Quand le malheur s’acharne… 3 jours avant l’opération avec le docteur Maybers, Ma chienne ne va pas bien. La vétérinaire nous annonce qu’elle a une maladie auto immune. Son corps détruit les globules blanches dans son sang. Le traitement se donne seulement à Montréal et il est très dispendieux et le pourcentage de réussite est très faible.


Elle nous dit que l’euthanasie serait la meilleure option si nous ne voulions pas débourser des milliers de dollars.


Je suis découragée, triste incapable de fonctionner. Elle n’a que trois ans et demi. Je ne veux pas perdre ma ‘’fille chien’’ en plus. C'est une chienne très intelligente. J’ai passé tout mon temps avec elle depuis que nous l’avons adopté. Je lui ai appris beaucoup de choses. La gauche, la droite. Elle connaît quelques couleurs. Elle a une vingtaine de jouets dans son bac et les connaît tous par leurs noms. Elle comprend une quantité phénoménale de mots. Les Border Collies sont les premiers sur la liste d’intelligence canine.

Elle ne parle pas mais presque.


Je me suis couchée avec elle sur la galerie de notre maison, elle était très faible, ne pouvait plus se lever. Elle tombait sur le côté quand elle essayait. Je l’ai pris dans mes bras et j’ai éclaté en sanglot. Je pleurais tellement fort que les enfants sont sortis en panique dehors. Je ne pouvais pas contrôler le déluge de larmes.


Perdre ma chienne en plus du reste était juste trop pour moi. Une autre brique me tombait sur la tête.


Sophie, la fille d'une amie, est vétérinaire. Elle nous a suggéré d’aller la voir pour l’euthanasie.


Nous la connaissons bien car elle travaillait avec moi dans une écurie quelques années auparavant.

La veille de mon opération, nous partons avec les enfants et ma chienne vers la clinique. Tout le monde pleure dans la voiture. Je suis inconsolable. Je tiens mon bébé fille chien dans mes bras. Je n’arrive pas à croire que dans moins d’heure elle ne sera plus là.


Arrivé à la clinique, Sophie nous accueil et nous passons dans la salle d’examen. Nous lui expliquons la situation et elle prend quelques minutes pour l’examiner. Elle nous dit que si l’euthanasie est notre choix elle peut procéder sans attendre.


Mais elle pense qu’elle peut la sauver…

Quoi ?


Elle me répète qu’elle pense pouvoir la sauver. Elle l’a déjà fait avec plusieurs chiens plus âgés qu’elle et qu’en tenant compte de son jeune âge elle a de bonne chance de s’en sortir… Tout ce qu’elle voulait avant de nous le confirmer c’est prendre un peu de sang pour voir si les globules se régénéraient.

Nous revoilà reparti dans nos montagnes russes émotionnelles...


Je n’en crois pas mes oreilles. Sans attendre je lui dis tout de suite qu’elle peut faire son test sanguin.

Quelques minutes plus tard elle revient en souriant et nous annonce que des millions de bébés globules étaient en route et qu’elle est certaine de pouvoir la sauver.


J’éclate encore. J’ai l’impression de juste faire ça, pleurer. Mais c’est tellement inattendu et ça me soulage d’un tel poids que je n’y peux rien. Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai serré fort. Quel ange tombé du ciel cette Sophie. Elle me rassure et me dit quelle va la garder pour la nuit car elle est faible et a besoin d’être réhydratée avec une perfusion.


Elle a besoin d’une transfusion sanguine et ils peuvent la faire sur place tout ce qu’ils ont besoin c’est un donneur... (l’autre vétérinaire m’avait dit que ça ne se faisait pas dans notre ville). Nous avons demandé à nos voisins si leur chien pouvait servir de donneur. Ils n’ont pas hésité et on dit oui tout de suite.


Ils sont de bons amis ces deux chiens…Ils jouent souvent ensemble. Finalement la clinique a trouvé un autre chien à la dernière minute. Je laisse ma belle cocotte aux bons soins de Sophie et nous repartons à la maison le cœur plus léger.


Ma mère était en visite chez nous pour l’opération. Elle a eu la gentillesse de s’occupé de ma petite malade pendant mon absence. Elle lui rendait visite à la clinique, essayait de la rassurer. ‘’Grand-maman chien’’ l'a beaucoup gâté à son retour à la maison.

Mais je m’en fous.


Elle est sortie d’affaire et c’est tout ce qui compte pour moi. Le traitement étaient dispendieux, les médicaments qui ont suivi aussi, mais X et moi on s’en fout. Elle est vivante.


Je ne suis jamais retourné à l’autre clinique. J’ai appelé pour qu’ils transfèrent le dossier à Sophie. Ils ont demandé pourquoi… Outch ! Ils l'ont sût.


Je veux préciser ici que, quelque fois au cours d'une vie, tu a le privilège de côtoyer des anges. Ils sont déguisés, mais on peut les reconnaître par leur bonté et leurs actions. Je crois que Sophie en est une. En fait j'en suis certaine.


Merci du fond du cœur mon ange ...



Retour à l’hôpital le 25 mai 2015.

On passe à l’admission et on monte à la chambre. Dr. Maybers passe me voir et m’explique encore ce qu’il va faire en quelques mots. Une autre laparoscopie. On gonfle l’abdomen et on insère les instruments par de petits trous pour travailler avec des caméras. Une chirurgie moins invasive qui permet une récupération plus rapide.


Comme j’étais plus ou moins consciente à la première chirurgie, je n’avais pas ressenti le stress et l’angoisse à la pensé de me rendre au bloc opératoire. La drogue était puissante.


Mais à celle-ci j’étais très consciente. Trop même. Je tremblais dans mon lit d’hôpital. La chambre était minuscule, on aurait dit un placard de service! Lol ! Et il y a deux lits dans ce placard, OMG ! Avec les appareils et le mobilier…les infirmières se cognaient partout! L’une d’elle m’a confirmé que c’était l’une des chambres les plus petites de l’hôpital …


Merci Karma!


Une infirmière est venue pour me mettre la sonde urinaire…devinez ce que je lui ai dit… heuuu, non.

Pas question de revivre ça, et en plus à froid sans narcotique ? Non merci. Tu prendras deux minutes pour faire ça quand je serai dans les pommes ma belle …


X est là dans son coin et sourit, il me rassure. Il doit se tasser les jambes pour laisser passer les infirmières. On vient me chercher. Il m’embrasse et essai de m’encourager. Sans trop de succès, mais je salut sa compassion et le remercie pour sa présence à mes côtés.


Le voyage en civière vers le bloc c’est vraiment difficile. J’ai les mains moites encore, le cœur qui bat trop vite. Je suis terrifiée. Les tuiles du plafond sont aussi laides que la première fois.


Il y a une grande salle d’attente pour les civières avant d’entrée dans le local où on te découpe.

Là, couchés dans leurs lits, des gens aussi terrifiés que moi.


Personne ne parle, tout le monde a le regard figé. J’ai l’impression d’être à l’abattoir.


Les anesthésistes, attitrés à chaque patients, viennent avec leurs calepins nous poser les dernières questions avant l’opération pour être certain d’avoir toutes les informations nécessaires pour injecter la bonne drogue.

On me donne un bonnet d’hôpital et une couverture chaude, pour calmer les tremblements, m’a dit l’infirmière.


Ça ne fonctionne pas madame...


Je veux m’enfuir en courant, mais je ne peux pas. Je dois rester là.


Je pense à mes enfants et mon courage revient. Je vais lui faire la guerre à cette merde. Je ne partirai pas sans me battre.


Un infirmier se dirige vers moi, c’est mon tour.


Merde, j’ai le goût de vomir.


Dans la salle d’op, on me transfert sur la table dure. Je la reconnais celle-là. On me place encore les bras en croix et on m’attache. J’ai comme une impression de déjà vue … !?


Et revoilà l’anesthésiste avec sa paille. Je lui demande s’il n’y en aurait pas une plus petite à tout hasard …

Quoi ? Je peux bien s’essayer non ?


Malheureusement, c’est l’aiguille qu’il doit utiliser. Il dit qu’il est désolé en plus … OUTCH!


Merde… je pleure encore, je pense que c’est autant de l’angoisse que de la douleur.


Voilà l’infirmière avec sa sonde urinaire. Elle attend que je dorme … bonne fille!


Je sens le liquide froid entrer dans ma veine et bonne nuit tout le monde…


(C’est fou, à chaque fois c’est le même effet. C’est comme un trou noir qui t’engouffre en une fraction de seconde. Le temps s’arrête. Puis la seconde d’après tu te réveilles)...



Hummmmm, ma gorge, Ha! Oui! Le tube. Je bouge un peu en gémissant et l’infirmière vient tout de suite l’enlever. J’ai mal au cœur. La drogue est forte et je suis dans la brume. Je repars.


J’ai la vague impression que je bouge. On me dit que l’on me transfert vers mon placard...heu, ma chambre....

J’ai une roche à la place du ventre et chaque vibration est une torture. J’ai aussi un truc dans l’une de mes narines, c’est douloureux, ça descend dans ma gorge. J’essai de l’enlever et on m’arrête tout de suite. On me dit que c’est un levin et que ce tube doit rester là. Il est collé sur mon nez avec du ruban chirurgicale.


Et merde, c’est quoi ça un levin? On ne m’avait pas parlé de ça avant… Outch! Ça fait mal quand j’avale ma salive.


(Levin, définition ; Le tube nasogastrique (TNG) ou Levin est une sonde souple que l’on introduit par le nez ou la bouche pour nous permettre de rejoindre l’estomac. On introduit le tube par le nez ou la bouche pour le faire descendre dans l’œsophage, l’estomac et parfois dans le petit intestin (tube nasoduodénal)).


On m’explique que le tube est là pour aspirer tout liquide et nourriture que j’avale car mes intestins ne doivent pas fonctionner dans les premiers jours après l’opération pour laisser le temps à l’organe (mon colon) de guérir. Super, super … Le médecin avait oublié ce petit détail.


C’est comme une ruche autour du lit. Les infirmières vérifient tous les tubes et les dosages. X est là. Mon X, que je l'aime cet homme. Je ferme les yeux et repart.


Quand je reviens à moi, il fait nuit. X, fidèle au poste, est assis dans le fauteuil près du lit. Il dort.


Outch! Ça fait mal quand j’avale. (Le levin c’est l’enfer.) Je me rendors.

Le lendemain matin, les infirmières me disent qu’il y a une possibilité que je puisse changer de chambre dans les prochains jours. Elles aussi trouvent que le placard avec deux lits c’est ridicule. Je ne sais pas combien de fois elles se sont excusées parce qu’elles se cognaient sur mon lit et que ça me faisait mal à chaque fois.


Je vais un peu mieux aujourd’hui, je suis moins drogué. Outch! … le levin.


J’ai froid. J’ai des frissons sur tout le corps. L’infirmière m’apporte une autre couverture mais ça ne suffit pas. Je cherche ma tuque grise dans mon sac. Elle m’accompagne presque partout depuis que je fais de l’anémie. On a souvent cette impression de frisson et couvrir la tête aide beaucoup.


Je demande deux autres oreillers pour pouvoir rester sur le côté un peu, j’ai mal au dos à force d’être couché dessus.

Outch! Ce truc dans ma gorge me fait un mal de chien. C’est comme si le tube était trop gros. À chaque fois que le muscle de l’œsophage se contracte pour avaler la salive c’est hyper douloureux.

Au changement de quart de travail, une autre infirmière viens me voir. C’est la première fois que je la vois. Première chose qu’elle me dit ;


-‘’ Il fait tu si froid que ça dans votre chambre, ce n’est pas l’hivers! ‘’


Heu ? Pardon ?


Je lui ai répondu que j’avais des frissons et que ça me faisait du bien de porter un bonnet. Elle est sortie en bougonnant…

Heu…? C’était quoi ça? ai-je vraiment besoin d’une infirmière qui m’énerve parce que je porte une tuque? Je laisse passer pour cette fois. Mais je l’ai à l’œil celle-là. Elle n’a pas sonné à la bonne porte avec son intimidation. Si elle pense que je vais enlever ma tuque pour lui faire plaisir, elle se trompe.


Elle revient à la charge plus tard dans la journée. Je pense qu’elle était en mission… faire enlever sa tuque à la dame. Elle était très désagréable avec moi. Je lui ai dis que ma tuque restait sur ma tête et que je la porte ou non n’était pas de ses affaires. Elle n’était pas contente mais ce n’était plus mon problème. Non mais…


Le lendemain ce fut une histoire d’oreillers. Je ne trouve pas de position confortable pour dormir. J’ai le ventre douloureux et j’en ai marre d’être toujours sur le dos. Les oreillers m’aident à garder une position sur le côté et comme ça j’arrive à dormir un peu. À la maison je dors avec deux oreillers.

Elle a encore passé un commentaire déplacé en critiquant le fait que j’ai trois oreillers dans mon lit, que ce n’était pas nécessaire. Elle était vraiment désagréable. Quelle marâtre celle-là.


Je parlais souvent du levin aux infirmières parce que je souffrais vraiment beaucoup à chaque fois que j’essayais d’avaler. J'ai demandé un produit pour engourdir ma gorge mais ils ne pouvaient rien me donner.


Que m'a dit la marâtre? D’arrêter de me plaindre...


Ok ma grande. Toi et moi, c’est terminé.


J'avais de la difficulté à parler mais là j'ai levé le ton et lui ai demandé de sortir. Je ne voulais plus qu’elle m’approche. Je suis malade, je sors de chirurgie, je n’ai pas l’intention de supporter ton humeur de merde une minute de plus.


Une autre infirmière est arrivée et je lui ai expliqué la situation. Je ne voulais plus qu’elle entre dans ma chambre. Je ne l’ai pas revu. Mais plus tard j’ai appris, par une autre infirmière du département, qu’elle avait été conduite en psychiatrie cette semaine-là. Elle avait vraiment de gros problèmes.


Un autre jour passe et je remonte la pente doucement. Les autres infirmières sont des anges de gentillesse. Je blague souvent avec elles.

Je vais de mieux en mieux. Puis on vient m’annoncer que je vais changer de chambre finalement. Yay! Une chambre plus grande! Et je suis près de la fenêtre en plus! Génial!


Mais non. Pas génial…


Mon colocataire est un adolescent. Il a sa télé personnelle sur le bureau près de la tête de mon lit, juste de l’autre côté du rideau. Il écoute des films avec ses amis, joue à des jeux vidéo et le tout sans écouteurs…

Je me suis tapée la bande sonore d’Avatar, Fast and Furious et tous les jeux et les autres films qu’il avait dans son sac…

Tout le monde parlait fort, sans aucune considération pour moi de l’autre côté du rideau.


Les gens qui me visitaient n’en revenaient pas. Les infirmières me regardaient et se demandaient comment je faisais pour dormir (j’avais des bouchons d’oreilles). Les préposés s’excusaient.


Mais personnes ne pouvait lui demander d’arrêter. Aucun règlement à ce sujet n’avait été mis en place pour ce genre de situation.

Le lendemain on me trouve une autre chambre. Calme celle-là, avec une dame très gentille. Enfin du repos. Je ramasse mes trucs et prends mon sac. En partant de la chambre le père du jeune homme me dit;

-‘’Vous quittez déjà’’ ?


Lol…Je l’ai regardé en souriant.


-‘’Non Monsieur’’, lui dis-je, ’’On m’a trouvé une chambre où il n’y a pas de cinéma maison’’…


Il a pris un air offusqué et m’a répondu que j’aurais dû leurs dire avant… Heu…? La logique ce n’est pas son fort je pense…


-‘’Nous somme dans une chambre d’hôpital Monsieur. Les gens récupèrent d’une chirurgie ici … Si je suis obligée de vous demander de mettre des écouteurs et de parler moins fort, c’est que vous n’avez rien compris’’.


Il n’a pas répondu … je suis sortie avec mon soluté ‘’R2-Dégoûte’’ comme canne pour marcher.


Heureusement, le reste de ce séjour s’est passé dans le calme. On m’a enfin retiré le levin le lendemain, pas agréable du tout, un long tube d'une cinquantaine de centimètres que l'on retire de ton œsophage...mais au moins je pouvais avaler normalement maintenant.


C’est là que l’infirmière m’a dit qu’il y avait des grosseurs de canule pour le levin, la mienne devait être trop grosse pour mon œsophage… awwwh! Sérieusement ??!


LA PAIX !! Enfin. Le reste de mon séjour était beaucoup plus tranquille. La famille et des amis sont venu m’encourager. Ça fait du bien d’avoir des Cheerleaders car il y a de ces jours où le moral est vraiment sur le plancher.

Nous avons toujours le support de la famille à la maison. Quand ce n’est pas mes parents ce sont ceux de X.

Wow! Ça ne fait plus mal quand j’avale, c’est merveilleux.


Je suis sortie le jour de ma fête. Un beau cadeau.


C’est ma sœur grande sœur et son conjoint qui m’ont ramené à la maison où mes enfants m’attendaient avec ma ''fille chien''. Quelle bonheur qu'elle soit là. Un miracle !


Une autre convalescence commence…



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